Bruxelles

Topten : le guide des appareils éco-énergétiques

Article publié le 26 juin 2017
Article publié le 26 juin 2017

Perdu dans la masse d'appareils éléctroniques même depuis la mise en place des étiquettes détaillants leur consommation énergétique ? Heureusement, Topten est là et veut y remédier en listant les meilleurs appareils disponibles et en apportant des conseils aux usagers. Rencontre avec Sophie Attali de Topten, projet finaliste des Energy Awards de la semaine européenne de l'énergie durable. 

Cafébabel : En quelques mots, comment décrivez-vous Topten à votre public ?

Sophie Attali : Topten est un réseau européen, présent dans 16 pays d’Europe. Notre travail est d’identifier les produits les plus économes en énergie et de les indiquer très précisément aux consommateurs. Toutes ces informations sont disponibles sur notre internet. On offre également des conseils pour bien choisir et bien utiliser les appareils électroménagers et électroniques.

Cafébabel : Concernant les étiquettes énergétiques mises en place par la Commission européenne, quelle est la valeur ajoutée de Topten ?

Sophie Attali : Les étiquettes sont absolument fondamentales. Sans elles, on ne pourrait rien faire car elles forcent les fabricants à parler tous un même langage. Il y a toujours des différences sur le marché européen : en Allemagne, par exemple, il y a beaucoup plus d’offres de produits économes en énergie que dans d’autres pays. Les consommateurs ont besoin d’aide pour savoir quels sont les produits les moins énergivores. Chez Topten on ne se concentre pas sur ce qui est bien mais plutôt sur les produits les plus économes. En contrepartie, les étiquettes ont été victimes de leur succès : il y a maintenant plusieurs sous catégories (A+, ++, +++), et on ne s'y retrouve plus ou difficilement. Heureusement, ces sous-catégories vont disparaître, même si le calendrier de mise en œuvre va être assez long. Aujourd’hui on peut penser qu'un produit avec A+ fait partie des meilleurs de sa gamme, hors pour beaucoup d’appareils A+ est médiocre. Il est donc utile que des gens comme Topten indiquent ce qui se fait de mieux pour cette sorte d'appareils et leur disent que pour tel type de produits, il faut aller jusqu’au A+++ pour avoir un bon produit.

Cafébabel : Dans quelle mesure la consommation énergétique est-elle un critère de choix pour les achats des consommateurs ?

Sophie Attali : C’est un critère de choix car l’étiquette énergie européenne a un taux de reconnaissance très élevé. Environ 80% des européens la connaissent. C’est déjà un très bon indicateur, et on sait maintenant que les gens commencent à s’en préoccuper même si cela reste en priorité pour l’aspect financier. Ils pensent qu’ils vont faire des économies en achetant des appareils économes. Ils ne pensent pas forcément à l’environnement, alors qu’il y a une différence.

Cafébabel : Depuis la mise en place des étiquettes, y a-t-il eu des changements importants ?

Sophie Attali : Énormes oui, il y a eu un changement double. Chez les consommateurs, qui expriment une demande pour des appareils moins énergivores. Mais il y a surtout eu un changement de la part des fabricants. Quand l’étiquette est apparue et qu’ils ont vu que leurs appareils allaient être classés en couleur rouge ou orange, ils ont changé tout seuls. Le fait que ce soit obligatoire et réglementaire, oblige tous les acteurs à changer. Sans doute qu’aujourd’hui les fabricants estiment qu’ils ont fait leur travail – alors qu’il reste des économies substantielles à faire – et ce serait bien que les consommateurs se manifestent encore plus.

Cafébabel : Les fabricants profitent-ils du succès de ces étiquettes pour augmenter les prix ?

Sophie Attali : Oui, mais ce n’est pas forcément mal. C’est un outil qui est aussi fait pour eux, pour qu’ils puissent montrer que leurs appareils sont plus performants que ceux des concurrents. Ils en profitent et c’est de bonne guerre. Parfois ils exagèrent, en utilisant l’étiquette comme un outil marketing pour faire trop augmenter les prix. Mais généralement, les fabricants qui se positionnent sur l’environnement sont assez honnêtes.

Cafébabel : Que diriez-vous aux jeunes pour les intéresser et les sensibiliser aux questions énergétiques ?

Sophie Attali : Je pense qu’il faut vraiment expliquer le lien entre appuyer sur l’interrupteur et générer du CO2, des déchets nucléaires ou occuper de l’espace. Avec des panneaux photovoltaïques ou de l’éolien, bien que ce soit mieux que le reste, on occupe quand même des terres qui seraient cultivables ou qu’on pourrait laisser à la nature. Le premier objectif est de réduire cette consommation. Pour y arriver, il y a l’efficacité énergétique : c'est-à-dire atteindre la consommation minimum et nécessaire d'un produit. La deuxième piste, c'est la sobriété, faire attention à l’usage. Par exemple, si tout le monde possède une télévision de deux mètres, on ne va pas pouvoir rester dans les objectifs de l’accord de Paris, car la taille fait la consommation. Il faut aussi s’interroger sur nos propres pratiques, sans avoir un discours accusateur ou décroissant, et se dire qu’on n’est pas tout seul. Acheter un frigo qui consomme peu c’est intéressant pour sa facture, mais c’est surtout bien pour la collectivité car tout le monde a un frigo. Il faut faire comprendre que ce que l’on fait a une incidence.

Cafébabel : Le consommateur devient la clé pour une consommotion en énergie plus réduite?

Sophie Attali : Il n’est peut-être pas LA clé car si on ne lui propose pas des appareils économes, il ne peut pas les inventer, mais il a certainement une place centrale dans ce jeu. Il a un pouvoir mais qui n’est pas facile à mobiliser car ce pouvoir apparaît quand il est groupe. Or, quand on consomme c’est en tant qu’individu. Il est donc important de montrer aux consommateurs qu’ils ont un pouvoir et que même s’ils ont l’impression de faire quelque chose de petit et d’individuel, cela a un impact collectif sur la société. Il faut aussi peut être utiliser les nouvelles technologies pour se sentir moins seul lorsqu'on fait un effort.