Bruxelles

Sommet européen : Obama et ses meilleurs amis

Article publié le 27 mars 2014
Article publié le 27 mars 2014

Bruxelles a reçu pour la pre­mière fois le pré­sident des États-Unis, Ba­rack Obama, qui s'est réuni avec les pré­si­dents du Conseil eu­ro­péen, Her­man Van Rom­puy et de la Com­mis­sion Eu­ro­péenne, José Ma­nuel Durao Bar­roso. « Best­friends » c'est avec ce terme que ce der­nier a qua­li­fié l'har­mo­nie dans la re­la­tion trans­at­lan­tique.

Le som­met entre les États-Unis et l'Union Eu­ro­péenne s'est ter­miné sur beau­coup de belles pa­roles concer­nant la co­opé­ra­tion entre les deux par­ties. La ren­contre s'est concen­trée sur la si­tua­tion en Ukraine, le Par­te­na­riat trans­at­lan­tique de com­merce et d'in­ves­tis­se­ments (plus connu par le sigle an­glais TTIP), la re­lance éco­no­mique et le chan­ge­ment cli­ma­tique. En moins de deux mi­nutes, Ba­rack Obama a très briè­ve­ment men­tionné son en­ga­ge­ment pour mettre fin au pro­gramme nu­cléaire de l'Iran et pour en­voyer de l'aide hu­ma­ni­taire aux vic­times des conflits de la Ré­pu­blique cen­tra­fri­caine et de la Syrie. Ce­pen­dant, ni Bar­roso ni Van Rom­puy ne se sont pro­non­cés sur une guerre ci­vile qui dure déjà de­puis trois ans. 

Il y a dix jours à peine, le Par­le­ment eu­ro­péen a ac­cueilli une confé­rence où ont par­ti­cipé le lea­der de l'op­po­si­tion sy­rienne, Ahmed Jarba et l'an­cien Pre­mier mi­nistre belge, Guy Ve­rhof­stadt. Selon l'homme po­li­tique belge, l'in­ac­tion de l'Union eu­ro­péenne en Syrie « a donné l'im­pres­sion à la Rus­sie que nous n'al­lons pas lut­ter pour la dé­mo­cra­tie, et les a en­cou­ra­ger dans la crise ukrai­nienne ». Aussi bien Obama que Bar­roso et Van Rom­puy ont sou­li­gné à plu­sieurs oc­ca­sions que des sanc­tions devront être mises en place pour faire res­pec­ter la loi in­ter­na­tio­nale en Ukraine. Et en Syrie ? 

Ve­rhof­stadt pense que la com­mu­nauté in­ter­na­tio­nale n'a pas fait suf­fi­sam­ment d'ef­forts puisque « nous sa­vions de­puis le début que Ba­shar Al-As­sad pré­fé­re­rait dé­truire son pays que de lais­ser le pou­voir ». Il condamne ainsi l'in­ac­tion de l'Oc­ci­dent dans deux mo­ments clés : le siège à la ville de Homs en 2011 et l'uti­li­sa­tion d'armes chi­miques. L'an­cien Pre­mier mi­nistre belge n'en­vi­sage plus la pos­si­bi­lité d'une so­lu­tion po­li­tique et ré­clame trois me­sures pré­cises : im­po­ser une zone d'ex­clu­sion aé­rienne, éta­blir un cou­loir hu­ma­ni­taire et four­nir des moyens à la ré­sis­tance sy­rienne. En ce qui concerne le rôle de l'Union eu­ro­péenne, Ve­rhof­stadt a cri­ti­qué le Par­le­ment eu­ro­péen pour ne pas avoir mis la pres­sion sur le Conseil eu­ro­péen pour qu'il as­sume un ap­proche plus proac­tive. « C'est le mo­ment d'être cou­ra­geux. »

La Syrie : trois ans de morts

La guerre ci­vile sy­rienne a dé­bou­ché sur la mort de 100 000 per­sonnes et a pro­vo­qué plus de 9 mil­lions de dé­pla­cés. Ahmed Jarba, le pré­sident de la Coa­li­tion na­tio­nale des forces de l'op­po­si­tion et de la ré­vo­lu­tion en Syrie (CNFOR) s'est rendu le lundi 17 mars à la confé­rence or­ga­ni­sée par le groupe Spi­nelli. À cette oc­ca­sion il a fait appel au « monde libre » pour qu'il évite la des­truc­tion de la Syrie, dont la po­pu­la­tion est en train de « mou­rir sous les bombes et le si­lence in­ter­na­tio­nal ». Selon le lea­der du plus grand groupe d'op­po­si­tion sy­rien, le « ter­ro­risme n'a pas des fron­tières ni re­li­gions », et s'il n'est pas freiné « l'Eu­rope le re­trou­vera de­vant sa porte ».

In­ter­rogé au sujet des crimes com­mis par la ré­sis­tance, Ahmed Jarba a ré­pondu que son or­ga­ni­sa­tion les condamne, mais il dif­fé­ren­cie ceux réa­li­sés par des in­di­vi­dus et ceux per­pé­trés par des groupes : « quand le mo­ment ar­ri­vera tous se­ront condam­nés, mais les deux types de crime ne peuvent être mêlés, nous de­vons donné la prio­rité aux crimes de guerre ». Selon Ahmed Jarba, les zones li­bé­rées se trouvent tou­jours dans le chaos et sont par­fois contrô­lées par des mi­lices étran­gères. Le lea­der sy­rien a as­suré qu'il ne de­mande pas d'armes, mais « les moyens né­ces­saires pour ob­te­nir les ou­tils ba­siques pour lut­ter contre le ré­gime ter­ro­riste ».