Bruxelles

Russie: La valse à deux temps du couple franco-allemand

Article publié le 21 mars 2014
Article publié le 21 mars 2014

Alors que l'Allemagne se trouve dans une situation délicate, la chancelière, elle, est arrivée avec ses gros sabots diplomatiques au Conseil Européen hier après-midi. 

De par son histoire, l'Allemagne entretient de très bonnes relations avec la Russie et l'Ukraine, ce qui lui a donné une position particulière dans le conflit ukrainien. En effet, la République Fédérale d'Allemagne ne savait pas trop par quel bout s'y prendre pour continuer à entretenir de bonnes relations avec les deux pays en décidant d'aider l'Ukraine. Le discours de Angela Merkel hier au Bundestag et sa conférence de presse au Conseil européen ont été un tournant de la situation. Elle n'y est pas allée par quatre chemins.

Le G8 n'existe plus

Il n'est plus du tout question de parler de la Russie comme partenaire. Après avoir condamné la violation du droit international au Kremlin et rappelé que presque 25 ans après la chute du mur de Berlin, la solidarité européenne était toujours à préserver, Angela Merkel a déclaré que dorénavant, on ne parlerait que de G7 qui trouvera des sanctions économiques pour la Russie: "La Russie est totalement isolée" ; "jusqu'à nouvel ordre, on ne parlera plus de G8, ni du sommet, ni du G8 en temps que tel" et "des sanctions économiques vont être entendues", a déclaré hier sur un ton déterminé la chancelière allemande.

Et à l'Ouest, rien de nouveau? 

François Hollande a réaffirmé hier à Bruxelles son soutien à l'Ukraine à l'issue d'une discussion avec ses homologues européens et a annoncé l'annulation du sommet de l'Union Européenne et de la Russie qui était prévu en juin. Il a rajouté que l'Union Européenne devait "préparer des sanctions économiques contre la Russie" en cas de dégradation et se retrouvera pour un nouveau Sommet.

Le sujet était cependant centré sur autre chose du côté français: Le Président a été amené à parler de la déclaration de Nicolas Sarkozy au Figaro qui comparait entre autres la France à la Stasi. François Hollande a refusé de répondre aux questions: "Je ne me prononcerai pas sur ce sujet" mais a tout de même précisé que la référence de son prédécesseur était "insupportable". 

"Peu importe les difficultés, l'Europe saura y faire face." 

Aujourd'hui, les deux chefs d'Etat ont donné séparément une conférence de presse afin de présenter les conclusions du Conseil. Alors que François Hollande s'est montré prudent, Angela Merkel a déclaré être "optimiste pour l'avenir" et que l'Europe avait "une fois de plus montré qu'elle pouvait prendre des décisions communes et s'imposer." Elle a conclu en affirmant que "peu importe les difficultés, l'Europe saura y faire face."