Bruxelles

Retour sur l’origine des festivals

Article publié le 9 juillet 2014
Article publié le 9 juillet 2014

Du 3 au 5 juillet, le festival autrichien Urban Art Forms a eu lieu à Graz pour la grande joie des passionnés d'électro. Mais d'où vient cette tradition des festivals qui représentent pour beaucoup un temps fort de l'été ?

Des jets lu­mi­neux jouent avec les re­flets de l'eau. Des mil­liers de lampes LED pro­jettent un show vi­suel sur fond des beats entraînants de Lexy & K-Paul. La foule de­vant la scène est lit­té­ra­le­ment en­thou­sias­mée, l'am­biance est à son comble. Nous sommes le ven­dredi, à la moi­tié du fes­ti­val Urban Art Forms de trois jours. En­vi­ron 60 000 fes­ti­va­liers sont déjà ar­ri­vés au lac Schwarzl­see près de Graz.

Les ar­tistes se sont pro­duits sur six scènes du début d'après-midi jus­qu'aux pe­tites heures. Les té­nors de l'élec­tro étaient pré­sents, parmi eux : Fat Boy Slim, Chase & Sta­tus, Nero, In­fec­ted Mush­room et Mo­guai.

Mais quelles sont les ori­gines de ces fes­ti­vals qui em­plissent nos étés de mu­sique, de concerts, de bières et de nuits blanches ? Beau­coup se­raient ten­tés de ré­pondre, le sou­rire aux lèvres : Wood­stock ! Raté, la tra­di­tion des fes­ti­vals existe de­puis plus long­temps. Pour fixer une date sur le début des fes­ti­vals, tout dé­pend si l'on prend en compte les fes­ti­vals de mu­sique clas­sique. En effet, en Grèce an­tique, des concerts se dé­rou­laient déjà dans le cadre de grands évé­ne­ments spor­tifs. Néan­moins, les fes­ti­vals de mu­sique comme nous les connais­sons ac­tuel­le­ment, trouvent leurs ori­gines aux États-Unis. Le New­port Jazz Fes­ti­val s'ins­crit comme l'un des pré­cur­seurs des fes­ti­vals à grande échelle. Sa pre­mière édi­tion a eu lieu en 1954, quinze ans avant le fa­meux Wood­stock. Louis Arm­strong, Ma­ha­lia Jack­son ou en­core Led Zep­pe­lin ont foulé les scènes de ce fes­ti­val qui a pris de plus en plus d'am­pleur.

En 1959, le même or­ga­ni­sa­teur crée le New­port Folk Fes­ti­val. Des lé­gendes comme Joan Beaz, et Bob Dylan ont par­ti­cipé à ce fes­ti­val.

Le Mon­te­rey Pop Fes­ti­val est consi­déré par beau­coup comme le pre­mier gros fes­ti­val de rock, la pre­mière édi­tion a eu lieu en 1967. C'est là que The Who, Jimi Hen­drix et Janis Jo­plin ont fait leur pre­mier pas dans un grand fes­ti­val.

Wood­stock re­pré­sente l'apo­gée de l'his­toire du fes­ti­val amé­ri­cain. Du 15 au 18 août 1969, le fes­ti­val a ras­sem­blé plus de 500 000 vi­si­teurs qui ont as­sisté à 32 concerts. Pour­tant, seule­ment 200 000 ti­ckets ont été ven­dus avant l'évé­ne­ment. Les bar­rières, ins­tal­lées à la va-vite, n'ont pas ré­sisté long­temps et le fes­ti­val est de­venu ac­ces­sible à tous. Joan Baez, San­tana, Gra­te­ful Dead, Joe Co­cker, Jimi Hen­drix et beau­coup d'autres ont fait par­tie de ce fes­ti­val lé­gen­daire.  

En Au­triche, ce sont avant tout les fes­ti­vals de mu­sique clas­sique qui sont an­crés de­puis long­temps dans la tra­di­tion. Le fes­ti­val de Salz­bourg existe par exemple de­puis 1920. L'Aus­tria Rock Fes­ti­val est l'un des pre­miers fes­ti­vals rock de deux jours qui a dé­buté en 1978. Néan­moins, le fes­ti­val au­tri­chien n'a pas la même am­pleur que ceux or­ga­ni­sés outre-At­lan­tique.

Le pre­mier fes­ti­val mu­si­cal réel­le­ment im­po­sant est le Wie­ner Do­nauin­sel­fest, dont la pre­mière édi­tion s'est dé­rou­lée en 1984. Au fur et à me­sure, le fes­ti­val ne cesse de gran­dir : au­jour­d'hui il ac­cueille plus de 27 scènes. En 2013, 3,2 mil­lions de per­sonnes se sont ren­dues au Do­nauin­sel­fest, de­ve­nant ainsi le plus grand fes­ti­val en plein air d'Eu­rope. Par contre, ce n'est pas pos­sible de cam­per au Do­nauin­sel­fest.

L'Au­triche compte éga­le­ment d'autres gros fes­ti­vals ins­tal­lés dans des pay­sages ma­gni­fiques : Two Days (créé en 1999), Fre­quency, (2001), Nova Rock (2005). 

L'Ur­ban Art Forms fête quant à lui son dixième an­ni­ver­saire. Le lac Schwarzl­see est un en­droit par­fait pour or­ga­ni­ser un fes­ti­val. Néan­moins, c'est la der­nière édi­tion qui aura lieu sur ce site. Bon nombre de ri­ve­rains se sont effet plaints des nui­sances so­nores cau­sées par les concerts. 

Les toi­lettes bou­chées, la nour­ri­ture à un prix exor­bi­tant et les cris cultes comme : « Ça va être tout noir » - « Ta gueule! »… Un bon pe­tit-dé­jeu­ner bien consis­tant pour gué­rir la gueule de bois, et sur­tout une am­biance de feu... Bref, les fes­ti­vals de mu­sique, c'est un voyage hors de la nor­ma­lité. Pour beau­coup, c'est l'en­droit pour faire des ren­contres en été. Et ce, peu im­porte le temps. Une vieille tra­di­tion lors de ces gros évé­ne­ments es­ti­vaux est que les condi­tions mé­téo­ro­lo­gi­ques­ sont in­stables : au moins une fois, il pleut, il y a du vent et la tem­pête souffle. Si le mau­vais temps per­siste, le sol du fes­ti­val se trans­forme en cra­tères de boue. 

Notre conseil : n'ou­bliez pas les bottes en ca­ou­tchouc!  

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