Bruxelles

Pierre Moscovici, commissaire au rattrapage ?

Article publié le 8 octobre 2014
Article publié le 8 octobre 2014

Le commissaire désigné français aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et aux douanes devra répondre aux députés européens la semaine prochaine. Son audition n’a pas convaincue. 

On l’annonçait certain de lui, il fut relativement sérieux. On le prédisait prétentieux, il fut satisfait mais sans plus. On pensait qu’il aborderait les auditions des parlementaires comme une balade de santé, il a pris l’exercice avec sérieux. Mais rien n’y fait, l’audition à haut risque du français Pierre Moscovici n’a pas été une formalité.

Après plusieurs heures de tractations, les groupes politiques de droite, de gauche (à l’exception de sa famille politique les sociaux-démocrates) et les libéraux demandèrent plus de précisions par écrit au commissaire français. Un camouflet inattendu ?

Attendu au tournant

Beaucoup attendaient avec impatience l’audition du français ce vendredi 3 octobre au Parlement européen. Les députés en charge des affaires économiques et financières souhaitaient en découdre avec M. Moscovici. Il leur a d'ailleurs posé près de quatre lapins pendant ses presque deux ans comme ministre de l’économie pour répondre à leurs questions et débattre des nombreux sujets capitaux dans le domaine de l’économie, comme les déficits publics, les nouvelles régulations bancaires ou encore la taxe sur les transactions financières.

Le timing est d’autant plus cruel que le Parti populaire européen (conservateurs auquel appartient le parti français Union pour Mouvement Populaire - UMP) ne s'est pas gêné d’utiliser la nouvelle de la semaine : l’annonce du gouvernement français selon laquelle le déficit public s'élèvera à 4,4% de son PIB, au lieu de 3% que justement Pierre Moscovici avait promis à Bruxelles pour l’année 2015.

Mosci-Veni, Mosco-Vidi mais pas Mosco-Vici

La gauche radicale et les écologistes attendaient beaucoup du Français sur la réorientation de l’Europe ou sur la taxe sur les transactions financières (une taxe à 0,01 % des transactions en bourses). Mais les réponses furent trop vagues et imprécises pour que ces députés s’allient aux sociaux-démocrates afin de peser contre la droite.

La commission des affaires économiques demanda donc des précisions directement. Pour que Moscovici soit adoubé par les eurodéputés, il faudra que ce dernier réponde à des questions écrites. C’est chose faite depuis mardi 7 octobre et l’écologiste allemand Sven Giegold a publié les questions des députés et les réponses du commissaire désigné.  

Les députés devraient voter le 8 octobre au soir pour trancher, mais, en cas de refus du commissaire espagnol Canete, dont l’audition a aussi été problématique, Moscovici pourrait se faire refouler.