Bruxelles

Mondial 2014 : Quelques Milliards de trop ?

Article publié le 17 juin 2014
Article publié le 17 juin 2014

La Coupe du Monde de Football fait partie des événements les plus connus et les plus appréciés sur la planète. Derrière les matchs, il n’y a pas seulement des joueurs et un arbitre, mais tout un système d’acteurs. Le Mondial 2014 a plusieurs impacts économiques comportant des aspects positifs et négatifs. De multiples conclusions contradictoires ont été établies au sujet de ces conséquences.

La Coupe du Monde aura certes apporté son lot de pro­blèmes sur l’éco­no­mie du Bré­sil, mais il est aussi pos­sible de noter quelques points po­si­tifs. Cette coupe fut une des coupes les plus ré­mu­né­ra­trices : La FIFA a en­re­gis­tré 4,2 mil­liards de dol­lars (2,5  mil­liards des droits TV et 1,7 mil­liard du spon­so­ring). Elle a sur­tout amené plus de 3,7 mil­lions de tou­ristes, le tout condui­sant à une somme de 9,2 mil­liards de dol­lars de re­ve­nus tou­ris­tiques. (En­vi­ron 2500 euros/ par tou­riste du­rant leur sé­jour). De plus, elle a aussi créé 3,63 mil­lions d’em­plois, bais­sant ainsi le taux de chô­mage du Bré­sil. Pen­dant les construc­tions, le Bré­sil a pu en pro­fi­ter pour mo­der­ni­ser ses équi­pe­ments et a in­vesti dans la construc­tion de nou­veaux stade, mais ces pro­jets de mo­der­ni­sa­tion ont causé plu­sieurs in­con­vé­nients ma­jeurs.

La construc­tion des stades a pris du re­tard. Ces re­tards im­por­tants ont été la cause du dé­pas­se­ment du bud­get prin­ci­pal du Bré­sil (12,6 % de plus). L’es­ti­ma­tion de base était de 3,1 mil­liards, mais la somme fi­nale dé­pen­sée a été de 3,68 mil­liard de dol­lars. Il s’agit donc d’un énorme dé­pas­se­ment du bud­get ! Par exemple le prix du stade le plus cou­teux s’élève à 444 mil­lions de d’eu­ros et le moins cher à 103 mil­lions d’eu­ros. Plu­sieurs pro­jets ont no­tam­ment été aban­don­nés pour cause de dé­pas­se­ment des coûts, que ce soit l’ins­tal­la­tion d’un toit ré­trac­table ou autres idées far­fe­lues, ils sont tous tom­bés à l’eau. Due aux re­tards ac­cu­mu­lés des stades Cuiabá et Ma­naus, l’Etat bré­si­lien a donc fini par dé­pas­ser son bud­get pro­vi­sion­nel.

Pen­dant les construc­tions de ces stades, plu­sieurs villes ont hé­sité à aban­don­ner ce pro­jet. Par exemple la ville de Porto Al­lègre a me­nacé de se re­ti­rer si les prix des taxes ne bais­saient pas. La ville a en effet connu de graves pro­blèmes fi­nan­ciers.

La FIFA et le gou­ver­ne­ment bré­si­lien ont donc du ré­soudre ces pro­blèmes im­por­tants. Des réunions ont été mises en place à Rio pour dé­ci­der d’un plan B pour pal­lier les re­tards pris dans la construc­tion, mais au­cune n’a réel­le­ment abou­tie. Du­rant cette Coupe du Monde, presque tous les stades construits ont dé­passé leur bud­get ini­tial.

Il est donc pos­sible de consta­ter que les ré­sul­tats at­ten­dus des or­ga­ni­sa­teurs de la Coupe du Monde n’ont fi­na­le­ment pas été au ren­dez-vous, entre le dé­pas­se­ment du bud­get et le re­tard pris dans les construc­tions, les pertes sont mas­sives. Ces don­nées amènent donc un autre débat : le Bré­sil au­rait-t-il pu uti­li­ser cet ar­gent de façon plus in­té­res­sante ?