Bruxelles

“L’UE devrait encourager la diversité culturelle existante en son sein »

Article publié le 10 avril 2017
Article publié le 10 avril 2017

Au cours de la conférence « L’inquiétude Européenne » sur le populisme, l’extrémisme et l’euroscepticisme qui a eu lieu à Bruxelles en Décembre dernier, 42 étudiants de différents pays ont préparé un manifeste qu’ils ont remis aux autorités de l’UE à la fin de la conférence. J’ai eu la chance de contacter via Skype, deux de ces étudiants et de leur poser mes questions sur ce manifeste. 

Dans le manifeste, les étudiants demandaient la prise au sérieux des problématiques économiques au sein de l’UE et ont plaidé pour l’entrée en vigueur d’un salaire minimum décent dans toute l’Europe. Pour aller plus loin, ils ont demandé que le chômage des jeunes soit aussi mis à l’ordre du jour et que des programmes d’échanges entre les différentes écoles soient établis afin que des étudiants de différents niveaux puissent en bénéficier.

Inva Nela est étudiante de premier cycle au département de sciences politiques et relations internationales à l’université d’Epoka. Elle a effectué un stage au ministère des affaires étrangères albanais ainsi qu’au mouvement européen-albanais.

Anzhalika Yeraminovich quant à elle, suit un master d’économie politique globale.

L’interview d’Inva et d’Anzhalika m’a permis de voir la passion qui les anime quant au sujet du manifeste. 

cafébabel: Pourquoi étiez-vous intéressées par  la rédaction de ce manifeste ?

Inva: Je viens d’Albanie, un petit pays des Balkans de l’Ouest. L’Albanie est en train de prendre part au processus d’intégration pour devenir un état membre de l’UE. Faire partie de l’UE est un objectif national pour nous. Cela signifie beaucoup pour moi d’avoir la possibilité de prendre part à la rédaction de ce manifeste.

Anzhalika: Le manifeste faisait partie du projet. C’était une manière de faire entendre notre voix, de signifier notre inquiétude concernant ce qui est en train de se passer en Europe.

cafébabel: Comment avez-vous collaboré tous ensemble à ce manifeste ?

Inva: On ne se connaissait pas auparavant, mais comme nous avions tous un intérêt commun pour le sujet, nous avions de l’énergie et de l’engagement à revendre pour ce projet.

Anzhalika: Au cours du processus de sélection pour la conférence « L’inquiétude Européenne », nous devions écrire les pensées associées pour nous à ce sujet, nous avons utilisé ce travail également dans le manifeste. Notre première idée était d’exprimer la peur associée à la montée du populisme en Europe. Le résultat est un outil ; notre but est la prise de conscience chez le lecteur grâce à nos idées. 

cafébabel: Que cherchez-vous à atteindre avec ce manifeste ? Quel est votre but ?

Inva: Un phénomène comme la xénophobie ne peut pas faire partie de notre culture; nous devons le combattre de toute urgence. C’est de la plus haute importance de diminuer ce phénomène dans notre société. Nous avons, en tant que société moderne, le devoir d’apprendre à accepter les autres cultures.

Anzhalika: «L’inquiétude Européenne», c’est ce que l’on a tous peur de constater. C’est un problème très important, qui a besoin d’être abordé. C’est un problème qui prend de l’ampleur économiquement, politiquement et socialement, c’est la crise de la démocratie libérale. C’est une crise grave, à laquelle il n’est pas facile d’apporter des réponses, mais nous essayons d’en mesurer l’ampleur et d’agir.

cafébabel: Pourquoi êtes-vous intéressées par ce qui est en train de se passer en Europe ?

Inva: Les problématiques que rencontre l’Europe concernent chacun d’entre nous, pas seulement les Européens. Des phénomènes comme le populisme et l’extrémisme existent partout. A l’écriture de ce manifeste, nous, les jeunes, avons pu faire entendre notre voix, nos commentaires sur la situation sont important.

Anzhalika: Mon pays, la Biélorussie se trouve à côté de l’Ukraine qui a connu dernièrement une crise politique. Toute l’Europe est concernée par cette crise géopolitique. J’ai peur qu’il y ait des actions militaires ou même des guerres.

cafébabel: Selon vous, quelles sont les déclarations les plus importantes de ce manifeste ?

Inva: L’UE doit prendre ses responsabilités et se confronter aux problèmes (comme la crise économique), ne pas les négliger, sinon ils vont empirer. Elle devrait aussi encourager la diversité culturelle qui existe en son sein. Je suis persuadée que l’UE peut résister à cette crise.

Anzhalika: C’est important d’exprimer la peur que l’on ressent à propos de ce qui est en train de se passer en Europe, et de s’y confronter. L’UE a été créée pour la stabilité. Les changements politiques remettent cela en question, mais notre but est d’atteindre une nouvelle stabilité dans l’UE.

A ce jour (Avril 2017), nous [les étudiants] n’avons pas encore eu de retour des autorités de l’UE à propos de ce manifeste. Mais, comme en politique tout doit être débattu et discuté d’abord, c’est important de rester patient.