Bruxelles

Les Italiens grimpent au Sommet

Article publié le 18 décembre 2012
Article publié le 18 décembre 2012
Par Lisa Kittel (en direct du Sommet) Traduit par Patricia Fridrich Bien que l’Union bancaire s’est vue attribuée comme prévu le rôle principal lors du Sommet européen de décembre, ce qu'on a moins vu venir c'est que samedi dernier les deux meilleurs second rôles ont eux aussi été remis, à savoir: Mario Monti et Silvio Berlusconi.
Le premier à annoncé sa démission en tant que Président du Conseil après que le parti du dernier lui ait retiré son support.  Berlusconi a alors annoncé sa candidature, puis il l’a presque retirée pour ensuite la confirmer à demi-mot. C’était aujourd’hui au tour de Monti d’émettre un signal clair au Sommet du Parti populaire européen (PPE).

Monti, qui n’appartient à aucun parti politique, a participé jeudi après-midi au sommet du Parti populaire européen. Il a déclaré se sentir très à l’aise au sein du parti conservateur. Préalablement, Berlusconi avait fait entendre qu’il pouvait imaginer renoncer à une nouvelle candidature, sous condition que le technocrate Monti figure en tête de liste d’un large mouvement de centre-droit.

Appeler cela “coming-out” serait encore une expression polie », a déclaré Martin Schulz, le président social-démocrate du Parlement européen. « Je ne suis pas surpris d’apprendre que M. Monti se sente plutôt attiré par un gouvernement de centre-droit. Le problème se pose maintenant pour le PPE, car il y a deux candidats aux élections gouvernementales en Italie -  Berlusconi et Monti -  qui n’ont rien en commun, ni par leur points de vue ni par leur personnalité. »

Toutefois, Monti dispose aussi d’un soutien de la gauche. François Hollande a affirmé ne pas vouloir interférer dans la politique nationale de l'Italie. Il a ajouté que Monti avait aidé l’Italie à se redresser, qu’il a joué un rôle clé au sommet de juin et surtout qu’il est respecté parmi ses partenaires européens. Pas un mot sur Berlusconi par contre.

Cependant, l’homme qui est aussi appelé “politicien de spectacle” était aussi présent au sommet du PPE, juste un peu en retrait. Ce soir, c’est son concurrent aux cheveux blancs qui a pris place à la table ronde des chefs de gouvernement. Berlusconi sait qu'une majorité des dirigeants européens voudraient voir Monti rester au pouvoir en Italie.

Exceptionnellement docile, il a réitéré être tout à fait prêt à sacrifier ses propres ambitions au profit de Monti. «Il a probablement compris qu'il n’avait aucune chance de gagner l'élection et se considère maintenant comme faiseur de rois», a commenté plus tard un participant de la réunion.

Même le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est exprimé sans équivoque, déclarant clairement au téléphone « l’importance d’une Italie stable qui progresse sur la voie des réformes. » Exceptionnellement, le président du groupe PPE, Joseph Daul, a adressé ce jeudi non seulement des mots en français et en anglais, mais aussi en italien. Son message: «Le groupe PPE est unis contre toutes sortes de populisme et d’approches anti-européennes ».