Bruxelles

Les coulisses de la liberté sur internet : Quand les hacktivistes et l'UE travaillent main dans la main.

Article publié le 11 avril 2013
Article publié le 11 avril 2013
Par Jan Nils Schubert, traduit par Antoine Patoz Vous êtes vous déjà demandé, comment est ce que les citoyens des pays autoritaires font pour avoir encore accès à internet  ? Une partie de la réponse réside dans le réseau des hacktivistes.
C'est le moment de regarder en coulisse, de découvrir qu'une guerre numérique est en cours et que votre ordinateur n'est aussi sur que ce vous pourriez penser.

Vous vous souvenez d'anonymous ? Ce groupe diffus d' « hacktiviste » ( contraction de hacker et d' activiste) s'est fait connaître avec ces attaques sur sites internet bien ciblés. Utilisant leurs méthodes et leurs structures, d'autres hackers se sont distingué par des actions plus constructives. Certains d'entre eux ont été invités à en parler lors d'une conférence, organisée par les verts, en compagnie de quatre blogueurs venus respectivement de Chine, de Russie, d’Égypte et d’Azerbaïdjan.

La première chose qui m'a frappé a été cette déclaration de Sarrah Abderahman, une blogueuse égyptienne. «  La révolution égyptienne n’était pas une révolution Facebook ou Twitter (..) Vous ne brandissez pas votre smartphone face à la police. Il ne vous protégera pas . » Je dois admettre qu'elle marque un point. Bien sur le soulèvement prend racine dans un contexte politique, historique et social. Toujours est il que l'on ne peut pas sous-estimer l'importance du web et des média sociaux dans la propagation des convictions. Comment était-il -même- possible pour les blogueurs d'exprimer librement leurs idées sous des régimes oppressifs ?

Fournir un accès internet : une tribune pour Hacktivist

Une partie de la réponse est donnée par telecomix un réseau décentralisé de hackers. Leur phrase d'accroche est « nous venons en paix ». Histoire de vous rappeler que vous êtes surveillé dans l'espace cyber galactique. Cependant, il y a de la lumière au bout du tunnel ! De gentilles âmes sont là bas dehors, toutes disposées à commencer une guérillas internet pour la bonne cause. L 'un d'entre eux, l’activiste Martin Löwden rappelle : « Quand le régime Mubarak a coupé internet l'an dernier, on a travaillé dur pour faire en sorte que les égyptiens aient toujours un accès au net. Alors, nous avons ouverts un vieux groupe de modem gratuitement et faxé le numéros dans le pays. Les gens pouvaient l'appeler et ainsi accéder à internet depuis l’Égypte malgré le black-out. » Des procédures similaires ont été mises en place en Syrie et en Libye.

« Une communication libre et ouvertes est la base de toute bonne société, parce que vous avez besoin de débattre. » dit l'activiste suédois. Mais qu'en est il de pays comme la Russie ou la Chine ? Comme je l'apprendrai à travers les témoignages des témoins présents, Internet est largement accessible dans ces pays et les habitants l'utilisent pour exprimer leurs opinions. Cependant ne vous réjouissez pas trop de cette information,le journaliste russe Oleg Kashin a été récemment passé à tabac devant sa maison. Une expérience que plusieurs autres orateurs invités ont pu raconté, ayant eux même été harassé voire même arrêter.

La tactiques« Attrape moi si tu peux »ou comment minimiser les empreintes numériques.

La réponse pourrait être donné par Linus Nordberg, un autre hacktiviste suédois. « Non seulement nous avons besoin d'internet, mais nous avons besoin d'un accès sure ». En tant que participant au projet « Tor ». Il explique comment les fournisseurs d'accès peuvent aisément vous suivre à la trace. Pas convaincu ? Vous devriez essayer de vérifier vos informations proxy sur noreply.org. Ou bien téléchargez « do not track me » et vous découvrirez combien d'entreprises vous espionne sur Facebook, la même chose peut se faire avec le site de l’événement. Personnellement, j'ai été stupéfait, effrayé et plutôt contrarié.

Bien que le résultat de ce traçage se manifeste chez nous principalement par des publicités ennuyeuses, les conséquences peuvent être bien plus dramatiques dans d'autre pays. Votre identité et votre adresse peuvent facilement être révélé. Ça va jusqu'au point « où vous pouvez être embarqué dans la nuit ou au petit matin. » dit linus.

Pour éviter ceci, L’élément clé selon Linus c'est « La protection intégrée de la vie privée  plus que la politique ». Et c'est ce que fourni Tor. C'est un programme qui connecte entre eux de nombreux ordinateurs. Linus explique : «  Vos trames réseau vont rebondir de nœud en nœud dans ce réseau. » En résumé, c'est comme si vous changiez virtuellement de lieux en permanence. Donc si quelqu'un essaie de vous “pister” a travers le cyber-espace, il va probablement finir par penser que vous êtes l'université d' Harvard. « Et afin de ne pas avoir à se soucier de la sécurité de chaque nœud, il est nécessaire de les diversifier. » D'un point de vue personnel, je pense que ça devrait aussi aider à accélérer un programme très (très) lent.

L'UE contre “Les seigneurs de la guerre numérique .”

Quand on a demandé ce que l'union européenne pouvait faire, Linus a répondu « influencer la législation. » C'est ce que l'union a finalement fait en proposant sa première stratégie pour la liberté numérique. Basé sur un rapport de la députe européenne Marietje Schaake, le texte a été voté seulement six jours après le colloque et il prend en compte de nombreux problèmes soulevés alors. Il est également urgent pour l'UE d’arrêter l'exportation d'armes numériques vers les régimes autoritaires comme la Syrie ou la Libye. Cela inclue les technologie à doubles tranchants. Initialement conçues pour combattre le terrorisme ou la pédophilie, elles finissent par être utilisé pour réprimer les libertés. L'excuse semble être toujours la même: “ nos produits ont été détournés de leur but original” ( Bruno Samtmann, Amesys). Cela nous laisse la mauvaise impression d'un enfant pas si innocent, fermant les yeux pour ignorer la vérité.

Exposé au grand jour par des journalistes et des activistes, ces “seigneurs de la guerre numérique” sont finalement confrontés aux nouvelles législations européenne. A présent la question est de savoir quelle sera la prochaine étape? Est-il, au moins, possible de restreindre les exportations au niveau européen? Et ceci particulièrement dans un monde globalisé, ou l'argent semble parfois passer outre les droits de l'homme. « Internet est global » note Martin Löwdin. « Chaque politique européenne affecte le monde entier. » Donc tout en reconnaissant les efforts de ceux qui travaillent dans l'ombre , croisons les doigts pour un changement global positive.