Bruxelles

Italie sous pression au Sommet européen

Article publié le 25 octobre 2011
Article publié le 25 octobre 2011
Par Eva Donelli Un regard complice, un sourire qui en dit long. Voici la réaction d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy interrogés par les journalistes sur l’Italie et sur l’audition de M. Berlusconi, au cours du Sommet Européen ce dimanche à Bruxelles.
Pendant que la menace de la crise commence à s’éloigner de Madrid, Rome est de plus en plus « surveillée » par l’Union Européenne qui « demande un grand effort » à l’Italie pour qu’elle stabilise les finances du pays.

La chef du gouvernement italien nous a surpris ce dimanche : il a renoncé à se faire attendre et il s’est présenté à l’entrée vip du bâtiment Justus Lepsius du Conseil Européen, très tôt le matin. La raison ? Un rendez-vous avec le président de l’Union Européenne, Herman van Rompuy, à 08H30, suivi par une entrevue avec le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sur la situation économique en Italie.

L’Italie a adopté en juillet et en septembre des mesures d’austérité strictes pour permettre au pays de regagner l’équilibre budgétaire dès 2013 et de réduire sa dette de 1.900 milliards d’euros (120 % du PIB). Mais les responsables européens craignent que Rome, soulagée par l’aide de la Banque centrale européenne (BCE), relâche ses efforts et revienne sur ses promesses de rigueur, a expliqué à l’AFP un diplomate.

« Nous avons dit clairement à Silvio Berlusconi que l’Italie doit tout faire pour être à la hauteur de ses responsabilités », a déclaré Angela Merkel. « L’Italie a une dette publique importante. Il faut qu’elle soit réduite de manière crédible dans les années à venir », a-t-elle ajouté. « Des mesures pour relancer la croissance » et « des mesures pour réduire la dette », sont nécessaires, a-t-elle précisé. « Nous faisons confiance au sens des responsabilités de l’ensemble des autorités politiques et économiques et financières de l’Italie », a répondu M. Sarkozy questionné par les journalistes sur sa confiance en les promesses italiennes.

Un rappel à l’ordre est arrivé aussi de la part de M. van Rompuy qui a annoncé en une sorte d’ultimatum : « Certains dirigeants européens devront convaincre d’ici mercredi leurs collègues que leurs pays mettent pleinement en œuvre les mesures promises pour redresser leurs finances publiques et réformer leurs économies ».

Dans un point de presse avec les journalistes, le Premier italien a minimisé en disant : « Le risque ne subsiste pas, en Italie nous avons une économie plus solide que celle d’autres pays ».« Notre objectif est de parvenir à l’équilibre budgétaire dès 2013 », a-t-il ajouté.

En réponse aux exigences de l'Union européenne, le chef du gouvernement italien a annoncé la convocation d’un conseil des ministres extraordinaire aujourd’hui à 18h00 pour examiner des mesures censées pour redresser les finances publiques et réformer le système des retraites, avant le Conseil européen de mercredi prochain.