Bruxelles

Fatoumata Diawara : « Donnons une chance à la génération future »

Article publié le 17 août 2017
Article publié le 17 août 2017

Cafebabel a rencontré Fatoumata Diawara lors du festival Esperanzah. Elle y a joué en compagnie de Hindi Zara le dimanche dans le cadre d’un projet pour promouvoir la paix. Rencontre avec la chanteuse malienne qui revient sur ses années vécues en France. 

« Il est tant que nous regardions notre unité et que nous arrêtions de regarder la surface. Il faut donner une chance à la génération future. Il faut voir nos différences comme une richesse et non comme une défaite. » Voilà un des nombreux messages que Fatoumata Diawara a fait passer au public d’Esperanzah. Après le concert, Cafebabel s’est entretenu avec la chanteuse malienne.

Pourquoi viens-tu à Esperanzah avec Hindi Zahra ?

Je viens du Mali. Je suis venue avec Hindi Zahra, elle est Marocaine et moi Malienne. Nous avons monté un petit projet qui parle l’union, de la paix, de l’Afrique et nous voulons montrer à la future génération qu’ils ont une chance.

Vous vous êtes rencontrés à Paris. Cette ville est-elle importante à tes yeux ?

Cette ville m’a marquée. J’y ai eu deux papas français. Le premier, c’est Jean-Louis Sagot-Duvauroux. Quand il m’a rencontré à l’âge de 14 ans sur un plateau du film « La Génèse » de Cheick Oumar Sissoko, je n’allais pas à l’école à l’époque. J’étais dans une période difficile de ma vie. Lui, il a décidé de m’inscrire à l’école et de s’occuper de moi et de payer ma scolarité. J’avais 14 ans et il a décidé de changer ma vie. Rien que pour cela, j’ai un rapport spécial avec la France. À 18 ans, j’étais à Bamako. Il a fait des projets de films, de théâtre. Il s’est beaucoup occupé de moi.

Qui est le deuxième ?

J’ai ensuite rencontré mon deuxième papa, Jean-Luc Courcoult. Un directeur de théâtre de rue qui vit à Nantes. Il est venu au Mali quand j’avais 19 ans. Il a décidé de m’intégrer dans sa compagnie de théâtre, ce qui a totalement changé ma vie.

Nantes a-t-elle une signification particulière ?

Cette ville m’a beaucoup marquée. La place devant la Fnac. J’allais tout le temps là-bas. C’était une période où j’étais un peu perdue. J’étais une ado qui avait fui de sa famille, je suis partie du Mali en courant un soir. C’était une période où je me cherchais, je ne pouvais pas parler. J’avais des nodules, j’avais trop de choses à exprimer encore.

À Nantes, j’ai eu une nouvelle famille, de nouveaux amis qui m’ont aidé à m’en sortir et à trouver ma voie. Je faisais du théâtre 24h/24 avec la compagnie de théâtre, Royal de Luxe. Ils m’ont aussi enseigné la rigueur, l’endurance dans le travail. Grâce à toutes ces expériences, je peux revivre à travers mon travail de musicienne. J’aime apprendre, faire des solos, j’ai des ambitions et c’est grâce à cette école de théâtre de rue. Tu joues sous la neige, dans le froid, sous le soleil. C’est dans la rue quoi ! Tu respectes ton métier, tu te rends compte que rien n’est acquis.