Bruxelles

De l’Atlantique au Golfe persique

Article publié le 15 décembre 2012
Article publié le 15 décembre 2012
Par Aris Kokkinos Impulser la croissance entre UE et monde arabe, c’est l’ambition de nombreuses institutions publiques et privées, en Occident comme en Orient. Ce 4 décembre, Friends of Europe et Dansk Industri (la Confédération danoise de l’industrie) organisaient Reform growth in Arab-EU trade, une rencontre qui a posé des jalons en ce sens.

Depuis le début du printemps arabe, la croissance économique évolue parfois plus rapidement que la réforme politique. Le débat, mené par Shada Islam, a confronté les points de vue de quatre représentants de l’UE avec ceux de cadres venus de quatre pays arabes.

Je te salue…

Louis Telemachou, ambassadeur chypriote au Comité politique et sécurité, a mentionné les efforts de la présidence chypriote du Conseil pour le renforcement des liens entre l’UE et ses partenaires arabes, concrétisés par un accord commercial avec le Maroc. Peter Balas, directeur adjoint hongrois à la DG Trade, a expliqué le besoin de parvenir à des accords semblables avec le monde arabe dans son ensemble, et dans un premier temps avec la Tunisie, l’Egypte et la Jordanie. De part et d’autre de la Méditerranée on désire approfondir les échanges commerciaux, en les diversifiant: agriculture, mais aussi services, et surtout high tech. Le député européen Sajjad Karim a rappelé l’importance, dans toutes négociations économiques, du facteur politique. La Task Force UE/Egypte, dont il est en charge, en est un exemple concret: ni l’Europe ne sait si ses ambitions seront atteintes au Machrek, ni le président Mohamed Morsi ne sait s’il pourra tenir ses promesses. Alar Olljum, conseiller estonien au SEAE, pense que l’UE a un new deal à proposer à ses partenaires: avant le printemps arabe, la priorité était le développement, maintenant c’est l’économie. Les récents changements ont convaincu la BEI et la BERD à investir dans la région.

ya salama

L’ancien ministre algérien Ahmed Tibaoui (Arab-EU Business Facilitation Network) pointe deux éléments: premièrement, l’UE est en crise, ce qui change le niveau de son engagement dans le monde arabe; deuxièmement, il faut donner la prééminence au secteur privé: l’entreprise doit être au centre du débat. Fadel Allabadi (Jordan Europe Business Association) a insisté sur le nécessaire développement éducatif, rappelant que l’accord UE-Jordanie, initié en 2002, en est un facteur clef. Ilham Zhiri, présidente du Réseau des Femmes pour le Mentoring/Networking, a rappelé que 70% des femmes sont dans une situation de pauvreté dans son pays, le Maroc. L’égalité des droits pour tous reste une revendication à concrétiser. Enfin, Abdul Rahim Hassan Naqi, secrétaire général saoudien de la Fédération des Chambres de commerce du Golfe, a parlé des atouts et des attentes dans les rapports entre pays du Golfe et UE. Un accord de libre-échange existe depuis 1988 entre la CEE, devenue UE, et le Conseil de Coopération du Golfe. Pourtant les hommes d’affaire de la région ont encore du mal à obtenir des visas vers l’Europe.

La Méditerranée unit et sépare deux rives aux destins liés. Il est dans l’intérêt de ces deux mondes de trouver un terrain d’entente, qui soit bénéficiaire de part et d’autre.