Berlin

Juke-box Berlinois : Baladino

Article publié le 5 mai 2014
Article publié le 5 mai 2014

Le groupe de folk is­raé­lien Ba­la­dino évo­lue au sein de langues, de cultures et de pays dif­fé­rents. Ins­tal­lés entre Ber­lin et Tel Aviv, les membres du groupe uti­lisent les tech­no­lo­gies nu­mé­riques pour créer une mu­sique hy­bride en­traî­nante, mêlant mé­lo­dies la­di­nos et rythmes du monde. Ca­fé­ba­bel Ber­lin a ren­con­tré les deux membres du groupe qui vivent à Ber­lin.

Des in­fluences mu­si­cales va­riées, un quo­ti­dien ré­parti entre Ber­lin et Tel Aviv, et 25 ins­tru­ments sur scène lors des concerts : Ba­la­di­no est loin d'être un groupe terne. En­semble de­puis 2012, les membres ont en tête de créer un style bien à eux. 

Com­ment dé­cri­riez-vous votre style de mu­sique ? 

Yael Ba­da­sh: Nous jouons de la folk. Notre mu­sique est in­fluen­cée par des mé­lo­dies tra­di­tion­nelles comme les mé­lo­dies la­dinos (sé­fa­rades, ndlr). Mais, en fait, on se laisse ins­pi­rer par les mu­siques du monde en­tier. 

Les­quelles, par exemple ? 

Yael: A Ber­lin, on a été très in­fluencé par la mu­sique turque, parce que cette culture joue un grand rôle ici. On a même pris des cours. A part ça, on com­bine de la mu­sique élec­tro­nique avec notre folk. 

"La ku­mi­da 'la manya­na", titre tiré du nou­vel album "Dos Aman­tes".

Donc vous êtes dans un en­droit qui vous convient, ici à Ber­lin. Que sym­bo­lise cette ville pour vous ? 

Tho­mas Moked: Mes grands-pa­rents sont de Ber­lin. Et j'ai tou­jours voulu vivre dans un en­droit où je pour­rais ap­prendre à connaître mes ra­cines. Après tout, on ne peut pas se conten­ter de s'in­for­mer sur son passé, il faut es­sayer de le vivre de l'in­té­rieur. 

Yael: Et le fait de vivre au sein d'une culture que l'on dé­couvre peut aussi per­mettre de se ré­in­ven­ter, et de se trou­ver. Par la suite, cela aide à mieux com­prendre la mu­sique. 

Tho­mas: En plus, Ber­lin a un rythme de vie par­ti­cu­lier. J'ai été très étonné de voir des gens lire de­hors au mi­lieu de la jour­née. Ici, on peut à la fois tra­vailler et vivre. 

Mais les autres membres du groupe, Yon­nie Dror, Adam Ben Ezra et Yshai Af­ter­man vivent à Tel Aviv. Com­ment fonc­tionne votre col­la­bo­ra­tion ? 

Tho­mas: C'est bien plus dif­fi­cile quand on vit dans la même ville, parce que tu te laisses plus fa­ci­le­ment dis­traire. De­puis qu'on a cessé de vivre au même en­droit, on a vrai­ment pu faire de la mu­sique en­semble. 

Yael: On est sim­ple­ment beau­coup plus concen­tré sur notre tra­vail.

Tho­mas: On s'oc­cupe de la plu­part du tra­vail par in­ter­net. On peut s'ap­pel­ler sur skype au mi­lieu de la nuit et tra­vailler en­semble sur une mu­sique. Et quand on sent qu'on est prêt, on se re­trouve pen­dant une se­maine dans un en­droit pour y tra­vailler en­semble. Cette se­maine là est très in­tense. C'est comme dans une re­la­tion à dis­tance : quand enfin vous réus­sis­sez à vous voir, vous vou­lez tout faire en­semble. 

Et c'est le cas avec Ba­la­dino ?

Tho­mas: Oui ! Par exemple, on a en­re­gis­tré notre album en un jour et demi : ce genre de chose n'est possible que si l'on se connaît vrai­ment très bien. Il faut qu'il y ait une bonne al­chi­mie. On est ca­pable d'im­pro­vi­ser sur scène presque n'im­porte quand. Plus tu tra­vailles long­temps avec quel­qu'un, meilleur ça en de­vient. 

Vous venez tout juste de ren­trer d'une tour­née de six se­maines aux Etats-Unis. Qu'avez vous en tête pour la suite ? 

Yael:  On vient de sor­tir notre nou­vel album en Is­rael, et on pense se lan­cer bien­tôt dans un nou­veau pro­jet : on vou­drait en­re­gis­trer notre pro­chain album cet été, ici à Ber­lin. Bien sûr, la ville va in­fluen­cer le style de cet album. On ai­me­rait aussi or­ga­ni­ser un concert ici. 

Tout neuf éga­le­ment : "Quan­do el rey Nim­rod".

Le Ju­ke­box de Ca­fé­ba­bel Ber­lin

Marre de la soupe com­mer­ciale en 10 tubes, des ren­gaines à la radio et des play­lists spo­tify ? A par­tir d'avril 2014, l'équipe lo­cale de Ber­lin vous pro­pose d'édu­quer vos tym­pans avec de jeunes mu­si­ciens, des DJs et des concerts qui au­ront au moins le mé­rite de vous sur­prendre. Res­tez at­ten­tifs au Ju­ke­box ! Tou­jours plus de play­lists sur Fa­ce­book et @ca­fe­ba­bel­ber­lin.