Zapatero : départ annoncé sur un constat d'échec

Article publié le 4 avril 2011
Article publié le 4 avril 2011
Très critiqué par l'opposition et dans l'opinion publique pour ne pas avoir mieux anticipé la crise, José Luis Rodríguez Zapatero a annoncé samedi 2 avril qu'il ne sera pas candidat aux élections législatives de 2012. Un départ digne selon la presse européenne, qui rappelle qu'il lui reste un an pour rattraper ses erreurs.

Público - Portugal : Beaucoup de reproches mais un départ honnête

Malgré toutes les critiques à l'encontre de la politique du Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero, son départ est toutefois très digne, estime le quotidien Público : « On lui reproche d'avoir réagi trop tard et pas toujours bien à la crise financière. On lui reproche aussi d'avoir poussé trop loin les valeurs progressives de gauche dans un pays encore fortement marqué par ses archaïsmes catholiques. Mais il s'en va aussi avec un avantage inestimable : il a reconnu 'qu'on ne peut pas toujours être le meilleur attaquant'. Et qu'il y a un moment où renoncer au pouvoir est la meilleure voie pour son parti et pour son pays. … Même si la droite ne lui pardonnera jamais son agenda social, le jugement qu'on portera sur lui à l'avenir dépendra de l'évolution de la crise financière. Mais quoiqu'il en soit, la manière digne, honnête et altruiste avec laquelle il a décidé de céder le pouvoir l'aidera à regagner son prestige auprès des Espagnols. »

(Article publié le 03.04.2011)

Corriere della Sera - Italie : Zapatero, un progressiste battu par la crise

Le départ annoncé du Premier ministre espagnol José Luis Rodríguez Zapatero est la conséquence de l'évolution économique et de la forte chute de sa côte de popularité, estime le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : « Bambi - surnom que lui avait accolé un adversaire pour dénigrer son visage de biche, sans savoir que celui-ci deviendrait un gage de succès - laisse derrière lui une trace importante mais pas indélébile dans l'histoire de l'Espagne. … Les Espagnols ont apprécié le "socialisme des droits gratuit" de Zapatero. Les Espagnols sont également reconnaissants, car après tout le temps perdu dans la longue nuit du franquisme, un peu de liberté et d'évolution culturelle ont donné le sentiment d'être enfin entrés dans la modernité. Mais le peuple sage et pragmatique qui tolérait Bambi tant que l'économie fleurissait, est désormais prêt à se séparer de lui, l'effondrement du marché immobilier et des banques ayant entraîné celui de l'économie, le véritable moteur du miracle Zapatero. »

(Article publié le 03.04.2011)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne : Un an de mesures ingrates avant de partir

Il reste encore un an au Premier ministre espagnol Zapatero avant son départ. S'il reste d'ici-là un "canard boiteux", il peut malgré tout faire des choses importantes pour l'Europe, estime le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : « De nouvelles décisions dramatiques pourraient encore être prises pendant cette période. ... Si le Portugal devait rapidement être placé sous la coupe du fonds de sauvetage européen, l'Espagne n'en sortirait pas indemne, vu ses importants investissements financiers dans le pays voisin. Et cela à une période précaire, avec plus de 20% de chômeurs. … L'opposition conservatrice, qui demande en vain des élections anticipées, peut en attendant se réjouir que le Premier ministre veuille vraiment rester 'jusqu'au dernier jour' pour mettre en œuvre les mesures ingrates et indispensables de réforme et d'austérité. Zapatero a contribué à provoquer une crise qu'il a d'abord ignorée puis longtemps niée. Le fait qu'il choisisse de faire ce qui convient pour tirer l'Espagne du pétrin profitera aussi aux partenaires européens. »

(Article publié le 03.04.2011)

El País - Espagne : Deux mandats, la nouvelle règle

Comme son prédécesseur conservateur José María Aznar, le Premier ministre socialiste Luis Rodríguez Zapatero n'aura lui aussi effectué que deux législatures. Zapatero établit ainsi une loi tacite, estime le quotidien de centre-gauche El País : « Après la décision de Zapatero et celle prise avant lui par José María Aznar, les futurs occupants du palais gouvernemental de Moncloa auront probablement du mal à briser la règle tacite selon laquelle deux législatures constituent la durée maximum d'un mandat. Si cet usage s'ancre dans la pratique - celle d'une tradition démocratique - cela est préférable à une loi votée au Congrès. »

(Article publié le 03.04.2011)

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Photo: (cc)Socialistes Valencians/ globolandia_doc/ flickr