Yanis Varoufakis et les femmes

Article publié le 16 février 2015
Article publié le 16 février 2015

Traiter de la Saint-Valentin et du sommet extraordinaire des ministres des Finances européens dans un même article, ce n’est pas possible selon vous ? Et pourtant si ... Voici pourquoi Yánis Varoufakis a tant de succès auprès des femmes (intelligentes).  

Pourquoi s'intéresser à Fifty Shades of Grey, alors que Yánis Varoufakis est en route pour le prochain sommet. Les Sapin et autres Schäuble de la planète finance n’ont qu’à bien se tenir ! D’après Ambrose Evans-Pritchard du journal britannique Telegraph, le tout frais ministre des finances grec serait la nouvelle « idole » (en anglais: « heart-throb », littéralement qui fait battre le coeur, ndt) des « femmes allemandes pensantes ». Un dieu grec comme incarnation du plus célèbre des slogans de Berlin :  pauvre mais sexy

Prenons pour exemple ce court documentaire au titre Holywoodien Welcome to the eye of the storm (« Bienvenue dans l’œil du cyclone », ndt) diffusé en 2012. Avec le rugissement des vagues pour décor, Varoufakis nous explique la ruine du système financier européen. Mieux que n’importe quelle telenovela. Il y en a plus d’une qui serait prête à s’acquitter directement des dettes de guerre en nature. Plus tard, l’expert-économiste vêtu de sa sempiternelle veste de cuir (qui fait couler beaucoup d’encre) nous entraîne sur les hauteurs vertigineuses de la skyline de Francfort, cœur de la finance européenne. On se doutait bien que rien ne serait facile en Europe avec les cigales et les fourmis. Merci Yánis. 

Contagieux comme la coqueluche 

Ma petite enquête Facebook auprès de la gent féminine (incluant cette audacieuse photo de profil Twitter) a rencontré un franc succès. Bien que certaines aient d’abord dû googler pour savoir qui il est exactement, et malgré que ce concentré de masculinité en révulse d'autres . Alors que la femme allemande (avec un peu de jugeote) associe directement le « frauenschwarm » (littéralement : l’idole des femmes, ndt) grec à Arnold Schwarzenegger, et imagine Varoufakis et Merkel qui négocient à coup de fouet, les Françaises voient dans cette « coqueluche » un doux mélange de gangsters des Balkans et de Bruce Willis, « ultra-hot ». « Varoufakis peut porter la Grèce sur ses puissantes épaules, et ainsi la sauver de la faillite ». On ne parle que de lui, c’est normal, en français « coqueluche » c’est aussi le nom d’une maladie très contagieuse. 

Le cœur de nos Italiennes bat aussi pour le « rubacuori » (littéralement : le voleur de cœur). « Il est plutôt radical dans le genre allez-tous-vous-faire-voire, personne ne peut porter des chemises bleues tellement moches comme lui. C'est que rien ne peut gâcher la véritable cool attitude. » En Pologne, on voudrait voir tomber le t-shirt de l’adorable « bożyszcze » directement au pied du lit. « Ce sont les angles qui font le charisme ».

Par contre, du côté espagnol on nous dit : « Je trouve qu’il n’a aucun Sexappeal », à propos de monsieur le « rompecorazones » (littéralement, le briseur de cœur). « Je peux concevoir que son attitude libérale et à contre-courant puisse le rendre attractif. Sa façon de s’habiller correspond parfaitement à son attitude du type qui a écrit plein de bouquins et qui est contre le système. Cependant, je pencherai personnellement plutôt pour Alexander de Croo (homme politique flamand, ndlr) ». En Bulgarie aussi cette forme de « Чаровник » (charmeur) ne plaît pas trop à la femme. « Il ne me plaît ni en tant qu'homme ni en tant que ministre des Finances ».

La question de savoir si Yánis sortira l’artillerie lourde lors du sommet intéresse évidemment au plus haut point les « femmes qui pensent ». Ira-t-il en Yamaha à Bruxelles pour renégocier la dette grecque ? Auquel cas, on comprendra mieux pourquoi les Irlandais appellent un « ride », ces tombeurs. Sera-t-il encore vêtu de cuir et de bleu ? Tant de questions. Malheureusement, peu de femmes seront en mesure de profiter de son apparition au sommet. En effet, il n’y a que deux femmes parmi les ministres des Finances de l’Eurogroupe. La Portugaise Maria Luis Albuquerque et l'Estonienne Maris Lauri  — gardez l'oeil ouvert pour nous, Mesdames!