WWOOF : vers une nouvelle mobilité internationale ?

Article publié le 30 août 2016
Article publié le 30 août 2016

Ancêtre du programme Erasmus, WWOOF (de l’anglais World-Wide Opportunities on Organic Farms ou « travail sur des fermes bio du monde entier ») permet chaque année à plus de 75 000 bénévoles de voyager à travers le monde et de multiplier les rencontres.

Seize ans avant la création du fameux programme Erasmus en 1987, voyager sans frontières ni horizons était déjà possible grâce au rôle précurseur de l’association WWOOF. Alliant partage de connaissances et de biens sans rapports marchands, WWOOF est ouvert aux bénévoles de tous âges, à condition d’être bien dispos et prêt à travailler jusqu’à six heures par jour.

La première expérience de WWOOF remonte à 1971 lorsque la Londonienne Sue Coppard organise, accompagnée de trois amies, un week-end de travail sur une ferme bio dans le Sussex, en pleine campagne anglaise.

L’initiative fait un carton et WWOOF prend aussitôt de l’ampleur avec toujours plus de fermiers bio accueillant des bénévoles aux ressources limitées et rêvant d’une immersion en nature. C’est dans ce contexte que naît WWOOF, son acronyme désignant, à l’époque, Working Weekends on Organic Farms ou « week-ends de travail sur des fermes bio ».

Plus de quatre décennies ont suivi et, à l’heure où l’Europe est toujours sous le choc d’un Brexit aux conséquences potentiellement désastreuses, surtout sur le plan de la mobilité intraeuropéenne des jeunes, le wwoofing apparaît comme l’unique piste concrète de sortie de crise.

En effet, avec le programme Erasmus+ en passe de disparaître en Grande-Bretagne après 2017, WWOOF se profile comme une solution d’avenir pour les jeunes en quête de mobilité européenne sans frontières. Depuis sa création, le programme Erasmus a permis à plus de 200 000 étudiants britanniques de partir en mobilité grâce aux aides octroyées par l’UE.

Cet intérêt toujours aussi marqué des jeunes pour les échanges internationaux se reflète également dans l’explosion du nombre d’inscriptions au programme Erasmus, qui grimpe de 7 500 étudiants en 2007 à 15 000 étudiants en 2013. Autant dire que les jeunes meurent d’envie de partir à l’étranger et que, à force d’être déçus par l’UE, ils seront amenés à se tourner davantage vers la communauté WWOOF. Regain de l’écovolontariat, le pari est lancé.

« Chaque wwoofeur apprend à sa manière »

Malgré ses quarante-cinq piges, WWOOF ne cesse de gagner en popularité, surtout parmi les jeunes. En témoignent ses milliers de participants bénévoles, actifs dans cent pays en tant que wwoofeurs et wwoofeuses, termes qui apparaissent désormais dans le dico (si, par dico, vous entendez le Wiktionnaire).

Scarlett Penn, coordinatrice et porte-parole de WWOOF UK, nous en dit plus : « En Grande-Bretagne comme ailleurs dans le monde, la fin des années soixante et le début des années soixante-dix marque un véritable tournant social et culturel. Justice internationale, droit des animaux, protection de l’environnement, gauchisation de la pensée politique : on assiste à une prise de conscience collective de l’égoïsme humain destructeur de la planète. C’est précisément dans ce contexte de sensibilisation accrue aux problèmes environnementaux que WWOOF voit le jour en 1971, aux côtés, soit dit en passant, de Greenpeace. »

Nim Kibbler, quant à elle, responsable de WWOOF UK et wwoofeuse-blogueuse à ses heures, s’est lancé dans l’agriculture urbaine à dix-neuf ans avant de planter ses pénates, trois ans plus tard, à Détroit, pour wwoofer dans un potager urbain. Son aventure l’a ensuite mené en Tunisie, puis en Espagne et au Portugal pendant cinq mois.

Ce que WWOOF lui a apporté de plus beau ? « La possibilité de m’épanouir tout en voyageant », assure-t-elle. « Chaque wwoofeur découvre le monde à sa façon, soit par le biais de la culture d’un pays, soit par le biais des techniques particulières au labourage, soit encore par le biais du pâturage. Quoi qu’il en soit, chacun apprend à sa manière et c’est pour cela que j’adore être wwoofeuse. »

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