Volcan islandais : Récit d'un voyage Berlin-Bari improvisé

Article publié le 3 juin 2010
Article publié le 3 juin 2010

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Oui, le volcan islandais, c'est du passé. Ouf ! En même temps, vous êtes tellement à en avoir bavé de ces cendres noires qui annulent les avions de retours vers sa ville/son pays, que le récit de voyage Berlin-Bari, et les bons plans solidaires qui les accompagnent, devrait vous en rappeler de belles ! Récit de voyage.

Durant plusieurs jours, l’éruption du volcan Eyjafjallajökul a paralysé une grande partie du ciel européen. Côté trafic, l’évènement n’avait rien à envier au 11 Septembre 2001. Face aux revers de fortune rencontrés en essayant de rentrer au bercail, j’ai établi une petite liste non exhaustive des solutions de rechange, au cas où il vous prendrait, comme moi, l’envie de rentrer chez vous. Berlin-Bari ? Oui, mais escale à Amsterdam et Rome. Et pourquoi pas, pendant qu’on y est, un crochet par New-Dehli avant de se poser à Stockholm ? En low-cost tout est permis, même le transit à Bakou ! A ce tarif-là, le voyageur le plus aguerri risque bien de débarquer sur les rotules. Stations prises d’assaut, call-centers bouchés, les aéroports sont vite devenus de vastes dortoirs improvisés où des essaims de voyageurs stressés erraient comme des pingouins au Pôle Nord, complètement déboussolés car même si il y a de la glace, c’est au Sud qu’ils veulent retourner…

Pendant l'arrêt du trafic aérien, Les stations ferroviaires sont prises d'assault par des voyageurs angoissés

Petit guide d’un voyageur en crise

« Net qui peut ! ». Si tu ne vas pas à l’aéroport, l’aéroport viendra à toi ! Vous avez acheté votre billet à une compagnie low-cost ? Inutile de lui courir après. Le GIGN en personne n’arriverait pas à lui mettre le grappin dessus. Connectez vous plutôt et faites directement vos démarches sur le site de la compagnie ou sur le site des aéroports concernés. Au cas où vous seriez en possession d’un billet émis par une compagnie régulière, il n’est pas nécessaire, en cas d’intempéries, de vous précipiter dare-dare vers le premier terminal venu au risque de trouver portes closes. Toutes les infos nécessaires au remboursement de votre billet ou à une réinscription éventuelle sur d’autres vols vous seront transmises directement sur Internet. Un petit clic vaut mieux que de longues files d’attente inutiles.

Les billets

Certaines compagnies (pas toutes) convertissent parfois les billets annulés en bons d’échange sur d’autres moyens de transport. Pour ce genre d’opération, il est conseillé de se présenter au comptoir de la compagnie à l’aéroport ou dans l’un point de ses points de vente le plus proche afin de négocier cet échange qui peut se révéler parfois plus onéreux que le montant initial.

Les autres moyens de transport

Pas sûr que ce soit le moyen le plus pratique pour affronter un long voyageBien sûr, le train est le premier qui nous vient à l’esprit. Mais, à ce régime-là, les trajets internationaux font vite grimper la note. Si toutefois vous ne trouvez pas d’autre alternative, acquérir le billet via internet est sans l’ombre d’un doute la meilleure solution. A moins que l’idée de passer la moitié de la journée à piétiner dans la file d’attente au guichet d’une gare soit pour vous un des moyens d’atteindre le nirvana.Autre issue raisonnable de préférence en groupe : la location d’une voiture. En laissant le véhicule à un autre endroit que celui où vous l’avez pris, la facture s’en trouvera alourdie. Toutefois, une fois partagée, la dépense reste plus économique que le train. A Berlin, vous pourrez toujours essayer de dénicher une Trabant, cette relique de l’industrie automobile est-allemande. Séduisante idée, mais formellement déconseillé à tout voyageur pressé de rentrer à bon port.

L’auto-stop 2.0

Le réseau permet à l'auto-stoppeur de choisir son auto-voyageSi vos moyens financiers ne vous permettent ni de louer un véhicule, ni de prendre le train, le doigt levé reste la panacée des panacées. A condition de recourir à l’auto-stop moderne. (Autrement dit le covoiturage moyennant rémunération) Il suffit de se connecter au site www.passaggio.it (ou aux autres sites nationaux équivalents). Les conducteurs qui recherchent des passagers (et inversement) y insèrent une annonce. Les prix varient selon la destination et le nombre de passagers mais, en général, le prix défie toute concurrence. La formule encore peu développée au Bel Paese (exceptée sur ses marches frontalières) est très prisée hors d’Italie. Le car-pooling apparait comme une forme d’auto- stop plus sécurisant. Le plus souvent, les offres viennent généralement de gens qui font le même trajet régulièrement.

Tours et détours

Durant cette expérience, j’ai croisé d’autres voyageurs assez téméraires pour tenter toutes les folies. Par exemple, aller d’Espagne en Allemagne, via l’Italie. Berlin-Rome avec une bonne dizaine de changements à la clef… Décoller de Fiumicino à destination d’Auckland en Nouvelle–Zélande, après avoir fait escale à Athènes, à Bangkok et Sydney. Budapest-Calais ? Bien sûr. Mais en taxi ! J’en passe et des meilleures…. A ce jeu de piste insensé, Tamara Kobakhidze, une amie géorgienne, mérite la palme. Ayant passé plusieurs nuits dans les aéroports, elle n’est revenue que le samedi suivant après avoir transité en Ukraine afin de ne pas payer les visas d’entrée dans l’Union européenne décidément trop chers pour sa bourse. Bénies soient donc les douze étoiles du drapeau et les accords de Schengen ! Se trouver dans une telle situation quand on n’est pas ressortissant de l’Union (comme ce fut le cas pour mon amie géorgienne) oblige à débourser 200 euros afin de renouveler le visa valable une seule journée. Bien que cette halte forcée soit la conséquence d’une catastrophe naturelle, l’Ambassade ne fait absolument aucune « ristourne ». Alors, à l’instar de Tom Hanks dans The Terminal, il ne vous restera plus qu’à planter votre tipi sur le tarmac. 

Tom Hanks vous a inspiré, le volcan islandais vous aide à réaliser votre rêve !

Je gère la situation ! A ma façon…. De Berlin, direction : Munich. De Bavière, je vais à Bolzano. Adieu, Haut-Adige, je mets les voiles vers Milan. Puis de Lombardie, cap sur Bari… Voilà, après bien des mésaventures, le voyage est maintenant fini. Le tout dans une version hybride train-auto qui m’a laissé tout le loisir d’écrire les quelques lignes que voici. D’avance, je me réjouis que vous puissiez les lire car cela voudra dire que je suis enfin arrivé à destination.

Photo: M@nuDia/flickr; night-thing/flickr; Genial23/filckr; jcarwil/flickr; timailius/flickr. Video: AllJazeeraEnglish/Youtube