Vocabulaire du rire : quand l'Europe se tord

Article publié le 31 mars 2016
Article publié le 31 mars 2016

En dehors des « lol » et autres « LMAO » de l'ère Internet, les Européens disposent de mille façons d'exprimer un fou rire. De l'anglais fit of the giggles à l'espagnol carcajada, les habitants du Vieux Continent ont de l'imagination dès qu'il s'agit de glousser. Rions ensemble en six langues.

Je ne sais pas vous, mais j'en ai assez de toutes ces mauvaises nouvelles. Entre l'économie, le Brexit, et la menace du terrorisme, j'ai plus que jamais besoin d'une parenthèse comique. Cela ne fait que trois mois que la nouvelle année a débuté et c'est déjà comme si ma rapide revue de presse matinale suffisait à me donner l'envie de supprimer définitivement Twitter et de m'endormir profondément au moins jusqu'à la fin de l'année. 

Pourtant, malgré le pessimisme ambiant dans l'actualité, le pouvoir du rire contre-attaque. Que ce soit la satire raffinée ou bien un bébé singe juché sur un cochon, chacun  a quelque chose qui le fait rire aux éclats. Si le monde entier parlait anglais, il dirait : « Laughter is the best medicine » (le rire est le meilleur des médicaments). À travers le continent, les Européens ricanent, crack up, chichoczą, guffawse tronchan, se bidonnent, splutter or gackern comme le poulet allemand à chaque fois qu'ils ont besoin d'un petit remontant.

En plus de l'hilarité, un sourire ou deux. En Espagne, le sourire va oreja a oreja (d'une oreille à l'autre). Les Italiens vont même plus loin avec sorridono a 32 denti (sourire de 32 dents). 

À s'en décrocher la mâchoire

L'humanité n'a pas le monopole du rire. Les Britanniques sont connus pour rire comme des hyènes, des Banshee (créatures mythologiques) ou, plus bizarrement, comme des robinets. La France, dans l'expression rire comme un bossu, convoque l'image de son vieil ami Quasimodo ou même de la baleine dans rire comme une baleine. Mais n'allons pas trop loin, on ne peut pas rire des baleines à bosse. Ce sont des créatures respectables.

C'est la même chose pour le simple coq, du moins quand les Allemands l'invoque pour exprimer leur surprise et leur étonnement. Da lachen ja die Hühner (C'est quand les poulets rient) est équivalent au français « ce n'est pas possible, vous plaisantez ! ».

Alors que les Britanniques devraient s'inquiéter de « splitting their sides » (autrement dit, rire tellement que le corps « se fend en deux », équivalent à rire à s'en décrocher la mâchoire), les Italiens sont plutôt préoccupés par la séparation de leur ventre (spanciarsi dalle risate)​ et pour certains jeunes espagnols, d'une partie du corps un peu plus basse (partirse el culo, se briser le cul). 

Si toute cette violence représente trop pour vous, vous pouvez toujours demander une assistance médicale, comme les Allemands le font quand quelqu'un lacht bis der Doktor kommt (rit jusqu'à ce que le docteur vienne). Dans le pire des cas, une bonne blague peut être fatale : les Italiens morire dal ridere, les Français meurent de rire, et les Polonais peuvent umierać ze śmiechu. Mourir de rire ? De quoi nous dérider...