Vienne : Retour aux années folles

Article publié le 17 avril 2014
Article publié le 17 avril 2014

Li­berté, éti­quette, fête dé­bri­dée, élé­gance — on asso­cie sou­vent ces termes aux an­nées folles. Les soi­rées d'élec­tro swing nous ra­mènent tout droit dans les an­nées 20. Mais pour­quoi cette fas­ci­na­tion pour le passé ? D'où vient cette ten­dance rétro/vin­tage ?

Des lèvres rouges, une salle en­fu­mée, une bou­teille de whisky — l'image des soi­rées ef­fré­nées et de l'in­sou­ciance des an­nées 20 fas­cinent les gens. "C'est peut-être une sorte de courte pause dans le quo­ti­dien, une ma­nière de se li­bé­rer", dé­clare Hela, chan­teuse du groupe d'élec­tro swing Kiss me Yes­ter­day. À cela s'ajoute le plai­sir de se dé­gui­ser et de se glis­ser dans la peau de quel­qu'un d'autre l'es­pace d'une soi­rée. Et cela ne vaut pas seule­ment pour les an­nées 20. James Dean, Kurt Co­bain, Ma­ry­lin Mon­roe et Er­nest He­ming­way res­tent de vé­ri­tables per­son­na­li­tés cultes. "Je pense que nous vi­vons dans le temps de la ré­pé­ti­tion et de la ré­cu­pé­ra­tion. Les mots d'ordre : rétro et vin­tage", as­sure Hela.

Kiss me Yes­ter­day as­so­cie le swing à des sons élec­tro­niques. Pour le trio, mêler le passé au pré­sent c'est un voyage pas­sion­nant. Il trouve son ins­pi­ra­tion dans des per­son­na­li­tés comme Ella Fitz­ge­ral Kiss me Yes­ter­day as­so­cie le swing à des sons élec­tro­niques. Pour le trio, mêler le passé au pré­sent c'est un voyage pas­sion­nant. Ils trouvent leur ins­pi­ra­tion dans des per­son­na­li­tés comme Ella Fitz­gerald­ — La Grande Dame du Jazz — Anita O'Day, Benny Good­man, Chick Webb et Duke El­ling­ton.

Les an­nées folles se ca­rac­té­risent par une com­bi­nai­son entre élé­gance, in­sou­ciance et un sen­ti­ment de li­berté in­fi­nie. 

La Pre­mière Guerre se ter­mine et de nou­velles li­ber­tés émergent : les États-Unis gagnent du ter­rain et vont re­muer de façon dé­ter­mi­nante la vieille Eu­rope. Cela s'est no­tam­ment re­flété dans la mode : les che­veux courts  et le pan­ta­lon ont com­plè­te­ment ren­versé l'image de la femme de l'époque. De nou­velles danses ont fait leur ap­pa­ri­tion, no­tam­ment le Lindy Hop et le Char­les­ton, qui ont per­mis une plus grande li­berté. Hela dé­crit le Swing comme étant une mu­sique "ba­lan­cée" de haut ni­veau qui pro­vo­quait ins­tan­ta­né­ment un sen­ti­ment de gaieté et de puis­sance.

Swing It!!!

De nos jours, le Swing est sou­vent as­so­cié à la mu­sique élec­tro­nique. Ce genre de soi­rées per­met de s'éva­der sur de la mi­ni­male, de la techno et de la house. "Lors des soi­rées élec­tro swing, on pro­fite, on se dé­lecte, on se sent trans­porté dans un autre temps et on se laisse por­ter par la mu­sique jus­qu'au petit matin", ra­conte Hela.

Le concept ne pou­vait pas trou­ver meilleur cadre que celui of­fert par le Rote Bar du Volks­thea­ter de Vienne. Une fois par mois, la soi­rée Swing It est or­ches­trée dans un cadre de rêve : satin rouge, lustres en cris­tal et dé­co­ra­tions en stuc doré, tout y est. Le 11 avril der­nier, le thème était le Chi­cago fou des an­nées 30. Sur la page de l'évé­ne­ment on peut lire une des­crip­tion élo­quente de la soi­rée : "La pro­hi­bi­tion a pris pos­ses­sion des lieux et avec elle, les par­rains de la mafia, les jeux de ha­sard, les femmes de pe­tite vertu et les noc­tam­bules dé­ca­lés".

Che­mises, bre­telles, mouches, robes à franges, ru­bans, lèvres rouges — tout le monde revêt son plus beau cos­tume pour dan­ser au son de Jus­tin Fi­dèle, Louie Prima, The Carl­son Duo, Tony Ma­roni, de la mu­sique élec­tro swing des Dj's au­tri­chiens et al­le­mands et du saxo­phone de Cab Car­na­val.

"J'ai passé la nuit à dan­ser ! L'en­droit, la mu­sique, les gens, le tout fu­sionne pour ne for­mer plus qu'un en­semble co­hé­rent", dé­clare Da­niela alors qu'elle quitte le Rote Bar au petit matin.