« Vienne mon amour » : traité d’inculture sur la musique autrichienne

Article publié le 8 juin 2012
Article publié le 8 juin 2012
En marge d’une soirée thématique consacrée à Vienne et organisée à Paris, un babélien français s’épanche sur son inculture de la scène musicale autrichienne. Et démontre par la règle de 4 qu’il avait bien tort d'être un ignare.

Ils sont tenaces, les stéréotypes. Même lorsque l’on travaille depuis une année entière pour un média paneuropéen. Les Anglaises auront toujours les cuisses un peu trop roses, les Italiens seront toujours un peu surfaits, les Espagnoles un peu trop poilues, les Allemands un peu mécanos et les Polonais toujours incompris.

Lire le dossier de cafebabel.com consacré à Vienne : «  Vienne et le multiculturalisme : alors on danse »

Aussi, c’est un peu pour ça que Vienne m’inspire encore aujourd’hui un charme suranné. Pour parler vrai, l’Autriche me fait l’effet d’un film d’Eisenstein que l’on aurait téléchargé sans trop d’entrain parce qu’il figurait sur un numéro spécial de Télérama. Un truc de plus que l’on garderait dans un fichier pour se donner bonne conscience et qui serait définitivement plus pratique dans les diners mondains que bon pour le moral. A Vienne, le bal est toujours tendance. Au delà du kitsch, cette information ne m’a plus que conforté dans ma perception d’une capitale de fin 19ème. Selon moi, les cordonniers, les fiacres, les chapeaux melons, les rouflaquettes, les ombrelles, la peste et le choléra caractérisaient encore les rues d’Autriche.

Pourtant – vous l’attendiez – Vienne a bel et bien vécu au XXème siècle. Et existe encore à l’aube de l’an 2000. Paraît-il même que la capitale autrichienne fut dans le milieu des années 90, l’épicentre européen de l’Electro – ce style de musique électronique qui en un rien de temps a connu plus de subdivisions que le rock, la soul et le hip-hop réunis. Comme il est pénible d’imaginer des moustachus en redingote bouger sur Kratfwerk, donnons des noms. Bernhard Fleishmann est né en 1975 à Vienne. Il a composé plusieurs musiques de films tels que Am Anfang war der Blick, Crash Test Dummies de Jörg Kalts. Gageons que ça ne sonne malheureusement pas comme des blockbusters. Qu’importe, Bernhard rêve, produit un son onirique, éveille quelques sens et prouve avec son dernier album, The Humbucking Coil, que sa ville peut également s’apprécier sur un coucher de soleil.

En 2011, le monde était indie. En 2012, il le sera aussi. Portés par l’apogée du Do It Yourself, pas mal de « méchus » en chemises à carreaux ont réussi à se frayer un chemin dans une industrie musicale qui sentait la naphtaline. On oublie souvent de le dire mais Vienne aussi compte sa scène pop/indie. L’un des ses plus beaux fers de lance est d’ailleurs une fille. Clara Luzia représente donc le produit idoine pour coloriser l’Autriche et la faire entrer de plain-pied dans un univers musical aussi riche que lunatique. Plus imprévisible qu’irrégulière, les morceaux de cette directrice de label expriment plusieurs états d’âmes. Si l’on peut rire avec Clara Luzia, ses trois albums représentent aussi la bande-son parfaite pour les périodes d’incubation. Bref, si tu aimes Soko, tu aimeras la Viennoise.

« Il auraient dû nous dire… » (They sould have told us), c’est le titre du premier album de Ginga. Ils auraient surtout dû me dire qu’ils étaient Autrichiens. Parce que se raser sur les côtés, faire des morceaux avec du violon et les présenter dans un parc pour un take away show n’est définitivement pas l’apanage des hipsters parisiens. Par contre, il faudrait juste leur dire que « Ginga » ça fait un peu bouteille d’Oasis low-cost comme nom de scène.

« Elle vient d’Autriche, elle aime les tombes, le sang, le cannibalisme, et nous faire danser. Supposément qu’elle vient d’une famille de loups aussi. » Si Luka Rocco Magnotta a été arêté à Berlin, c’est un peu grâce à Monsterheart. Quelque part entre Chairlift et Christine and the Queens, cette freak prouve avec sa « graveyard pop » qu’il y a souvent un peu de génie dans la folie. Originaire de la lune selon sa page Facebook, Monsterheart ne devrait pas trop vous faire mal quand même puisqu’elle aime aussi Beyonce, Air et les Pixies

C’est donc, à mes yeux, en partie à travers ces artistes que Vienne devient un peu moins noire et blanche. Histoire de coloriser l’Autriche, la Flèche d’Or organise une soirée intitulée « Vienne mon amour » qui rassemble les quatre d’un coup. Mais la vraie conclusion de cet article, c’est que l’on peut vous faire gagner 4 places.

Pour gagner une place pour une soirée que vous n'auriez jamais imaginée, il suffit d'envoyer un gentil mail à redaction@cafebabel.com avec le mot de passe « Coeur de monstre »

Photo : Une © courtoisie du myspace de Monsterheart