[VIDÉO] La nouvelle vague du cinéma danois

Article publié le 2 mai 2016
Article publié le 2 mai 2016

Outre son caractère esthétique, le cinéma danois est célèbre pour ses récits poignants, son réalisme audacieux et son humour noir. Le monde évolue constamment et il en est de même pour l'industrie du cinéma. La nouvelle génération de réalisateurs apporte sa sensibilité, ses idéaux, histoires et valeurs esthétiques mais elle doit aussi faire des compromis concernant cette évolution.

La recherche de ma vidéo s'est portée sur de jeunes réalisateurs étrangers qui vivent et travaillent à Copenhague. À travers mon interview avec deux réalisateurs très talentueux, Milad Alami et Andreas Thaulow, j'ai souhaité en savoir davantage sur leur relation avec le cinéma en tant que miroir de leurs propres idéaux et de leur façon de voir le monde.

Outsiders et la recherche d'une identité

« Je pense que même un film peut être identifié comme local, il peut être aussi important au Danemark qu'en Thaïlande. Il y a le même type de personnes, d'histoires et de conflits et ils sont assez universels », raconte Milad Alami en parlant de son premier long-métrage. Le tournage de son film débutera en août et Milad est tout autant excité que déterminé. Même s'il reste encore beaucoup à faire.

Milad est né en Iran et a grandi en Suède. Il est parti à Copenhague lorsqu'il a été accepté à l'École Nationale du Cinéma Danois où il a réalisé de nombreux court-métrages qui ont connu un grand succès. Ce jeune et talentueux réalisateur est surtout passionné par le passage de l'adolescence à l'âge adulte.

Les personnages dans les films de Alami sont des individus au caractère puissant et complexe, souvent de jeunes femmes qui sont perçues comme des marginaux au sein de la société. La figure de l'outsider attire cet auteur parce qu'elle lui donne l'opportunité de voir le monde à travers le regard de ses personnages. Par ailleurs, c'est une qualité majeure de son travail, puisque nous, le public, sommes incontestablement dupes de ses récits cinématographiques universels qui traitent de l'appartenance, de la perte, de l'amour et de la recherche d'une identité.

Trouver son but dans un vaste monde

Andreas Thaulow est un réalisateur norvégien qui est arrivé au Danemark en 2003. Il est diplômé de l'école de cinéma non-traditionnelle Super16 située dans le studio cinématographique Nordisk Film à Copenhague. Depuis un moment déjà, Andreas est inspiré par la philosophie, spécialement l'éthique, surtout ce qui concerne la morale.  « Ceux qui écrivent à propos de la philosophie morale écrivent en réalité de la fiction », affirme Andreas.

Le fossé entre la colère intérieure et l'apaisement, les thèmes de la conscience et des problèmes de communication font partie des réalisations fréquentes dans son travail. Ses personnages sont souvent de jeunes hommes, incompris de leur environnement, ayant une personnalité assez contrastée. Cela aboutit généralement à de violents conflits, autant avec eux-mêmes qu'avec leur environnement.

Lorsque j'ai posé la question à Andreas au sujet de ses idéaux, il m'a dit ceci : « Pour moi, il est important de réfléchir à la nature de mon rôle de réalisateur, quel objectif à avoir dans un vaste monde. Je crois que notre métier est de divertir les gens et de les faire réfléchir sur des sujets auxquels ils n'auraient pas pensé avant ».

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Texte et vidéos : Marijana Verhoef

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Cet article fait partie de notre série de reportages « EUtoo » un projet qui tente de raconter la désillusion des jeunes européens, financé par la Commission européenne.