Vers bruxelles au nom des expulsés

Article publié le 21 octobre 2013
Article publié le 21 octobre 2013

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Un groupe de sept Espagnols a entrepris un voyage à pied depuis Cordoba jusqu’à Bruxelles dans le but de demander au parlement Européen une loi assurant le droit à un logement digne. 2.600 kilomètres pour sensibiliser tous ceux disposant de quelques minutes pour discuter avec eux et connaître leur histoire. Nous avons partagé leur quotidien à l’occasion de leur passage à Paris.

Antonio, Nazareth, Ana Belén ... voilà quelques noms de ces Espagnols partis de Cordoba le premier juillet. Ils sont arrivés à Bruxelles trois mois plus tard pour protester contre leur situation, revendiquant une loi qui réglementerait l'accès à un logement décent, et stopper le drame des expulsions qui ont cours dans leur pays. En avril 2013 l’Espagne a comptabilisé 19 468 expulsions, soit 216 par jour. 216 familles à la rue chaque jour. On estime qu’en 2012, 198 116 expulsions ont eu lieu. Femmes, enfants, hommes de toutes professions et origines vivent de véritables drames sous les yeux d’un monde politique qui semble détourner le regard.

Ils ont entamé ce voyage au nom d’une association, la PAH, « Plate-forme des personnes touchées par l’hypothèque » qui a réuni plus de 1 500 000 signatures de soutien pour changer la loi espagnole sur l’hypothèque. Si le gouvernement a fait la sourde oreille, l’association a récemment reçu le prix du citoyen européen 2013 du parlement Européen pour son « travail de défense des droits de l’Homme et des valeurs européennes aux niveaux national et transnational ». Si leurs actions sont considérées comme des actes de terrorisme par le gouvernement Espagnol, pour l’UE ils représentent les valeurs les plus élevées de l'Homme. Curieux.

Nous avons pu passer quelques jours en leur compagnie lors de leur passage à Paris, dans le dans le squat où ils ont été accueillis, avec ceux et celles qui ne peuvent pas non plus se payer un logement décent dans la capitale. « Le problème n’est pas seulement espagnol, il est général ». À moins d’un an des élections parlementaires européennes, ils espèrent trouver une réponse au sein des institutions européennes. Ils portent un t-shirt vert, la couleur de leur association, la couleur de l’espoir.  

Fotogalería por Alexander Damiano Ricci