Vendredi 13

Article publié le 11 juin 2008
Article publié le 11 juin 2008
Tout au long d’une année, les vendredi 13 sont rares. Si pour certains, une telle date semble propice à la bonne fortune, d’autres au contraire, craignant un mauvais coup du sort, préfèrent s'enfermer chez eux.

Cela s’appelle faire de la « triskaidekaphobie » (Cela ne s’invente pas !) L’origine d’une pareille malédiction résulte probablement de l’association de deux évènements historico-mythiques. En effet, le Christ fut mis en croix un vendredi et en plus, le chiffre 13 correspond au nombre de convives (en comptant le Sacrifié) présents autour de la table lors de la dernière Cène. La tradition s’est faufilée au travers les siècles et les pays. Avec néanmoins, quelques variantes.

L’Allemagne, jusqu’alors épargnée par la superstition, se laissa gagner par la panique en 1957. Cette année-là parut dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, un article dans lequel l’auteur se gaussait d’un revirement subit d’Aristote Onassis, jet-setter pourtant si peu impressionnable. A l’idée que l’un de ses navires puisse prendre le large pour son voyage inaugural un vendredi 13, l’armateur grec se résigna à différer la date de son lancement. La crédulité ne tarda pas à gagner la Pologne ou l’on maudit ce « Pechowa Trzynastka ».

Les Espagnols conseillent « En trece martes, ni te cases ni te embarques », à savoir de ne pas embarquer sur un bateau… ni de se marier en cette date fatidique. En Italie, le 13 n’est pas le seul à porter la poisse. Le 17 apporte lui aussi son lot de calamités. Dans le fameux jeu napolitain Smorfia, ce n’est pas le 13, numéro de Saint-Antoine, qui porte la malchance mais le 17… Cette sinistre réputation remonte à l’époque antique. Si en chiffres romains, il s’écrit aussi XVII, son anagramme se lit VIXI. Les latinistes comprendront ce que cela a d’irrémédiable : « J’ai vécu ! » autrement dit : Game over !

Un grand nombre de compagnies aériennes ont donc jugé pertinent d’omettre le fâcheux treize dans la numérotation des sièges de cabine. « Bonus » supplémentaire : Alitalia a décidé de faire passer aussi le 17 à la trappe. Finalement, face à autant d’évidentes manifestations de Satan, « le treizième ange », Cyril Spinetta, le Président d’AIR France, aura été bien inspiré, après sa difficile tentative de rachat de la compagnie transalpine de déclarer que « pour résoudre la crise, nous aurions besoin d’un exorciste… »