Végétariens d'Allemagne : en finir avec la fausse saucisse

Article publié le 14 février 2017
Article publié le 14 février 2017

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le ministre allemand de l'agriculture, Christian Schmidt a pitié des mangeurs de viande : afin de ne plus affoler ces derniers, les saucisses véganes et les escalopes véganes doivent se trouver d'autres noms.

Christian Schmidt, le ministre allemand de l'agriculture, a peut-être connu des expériences malheureuses. Peut-être a-t-il un jour, pensant se délecter de son dîner, sursauté en voyant que la saucisse de son assiette était une saucisse sans viande. Ce Bavarois d'origine appelle ces produits remplaçant la viande, que l'on désigne comme "saucisse végétarienne" ou "escalope végétarienne", "des pseudo plats de viande". Ces derniers sont "complètement trompeurs et déroutent les consommateurs", a affirmé le ministre dans une interview pour le journal Bild.

C'est pourquoi le politicien a comme objectif de remédier à ces abus de langage. Selon le ministre, les produits végétariens et végans ne devraient plus être désignés comme "charcuterie" ou "viande". Car pour ces produits de substitution végétariens et végans, on ne devrait pas faire "comme s'il s'agissait de viande".

Pourtant, ces produits constituent un marché florissant en ce moment : selon l'Institut international d'étude de marché Mintel, un produit nouvellement introduit en Allemagne sur dix en 2015 était végan. Les quantités de produits végans doublent d'année en année, se situant dans la moyenne européenne. L'Allemagne a certes un large public végétarien : Environ 10% des Allemands sont végétariens, et environ 900 000 personnes sont véganes, ce qui représente 1% de la population. Un marché à ne pas négliger. C'est comme cela que dans le pays qui est en fait connu pour ses saucisses et ses Schnitzel, sont également proposés beaucoup de saucisses sans viande et autres produits de viande sans viande.

Le ministre affirme cependant ne pas vouloir interdire ces produits en tant que tels. Il se dit pour une dénomination précise afin de parer aux malentendus. Schmidt ne sait cependant pas à quoi cette dénomination devrait ressembler. Le Ministère de l'Agriculture en appelle aux comités d'experts de la Commission alimentaire du pays et de la Commission Européenne. Le sujet semble cependant lui tenir à coeur : le Ministère originaire de Bavière avait déjà l'été dernier milité pour une dénomination claire auprès de son collègue européen Vytenis Andriukaitis, le commissaire de l'UE pour la Santé et la sécurité alimentaire.

Le journal satirique Postillon fait part d'un autre aspect important : les végétariens ne devraient plus pouvoir parler de "Schnitzeljagd" ("jeu de piste", littéralement "chasse au Schnitzel", ndt) ou de "Fruchtfleisch" (le mot allemand pour "pulpe", mot pour mot "viande du fruit"). Et si des végétariens osent encore dire "das ist mir Wurst" (littéralement : "c'est pour moi de la saucisse", pour dire "ça m'est égal" ou "je m'en bats les steaks"), ils devront vite en perdre l'habitude, avant que des sanctions ne soient prises.