Vacances d'été : vue sur la mer(de)

Article publié le 26 juillet 2014
Article publié le 26 juillet 2014

Visites guidées, méduses ou bob Ricard…tout citoyen du monde que vous êtes, vous pouvez tout à fait vous retrouver dans les pires endroits d’Europe cet été. Et comme ce genre de choses n’arrive pas qu’aux autres, cafébabel - à défaut de vous donner ses meilleurs spots pour les vacances - a décidé de vous offrir une belle vue sur la merde.

Forte dei Marmi (Ita­lie)

On va être clair. Même en comp­tant le film, le so­leil de Tos­cane n’est pas le meilleur en­droit pour pas­ser vos va­cances. Tout pré­ci­sé­ment à Forte dei Marmi où l’odeur des bouses ita­liennes style Sa­pore di Mare (Time For Lo­ving) se res­pire à pleins-pou­mons : des ac­teurs sé­niles, cra­més par une brève car­rière au zé­nith, dé­am­bulent en­core sur le Sun­set Bou­le­vard. Tout au­tour, et comme un ai­mant, c’est un feu d'ar­ti­fice de cat­tivo gusto : pic de tes­to­sté­rone, Pento plein les che­veux, chaîne en or qui brillent, seins cal­ci­nées, jupes à frange et jeans dé­la­vés. Par­ti­cu­liè­re­ment re­com­mandé si vous sou­hai­tez tra­quer le nou­veau Jean-Roch ita­lien. VN

Mos­tar (Bos­nie)

Un voyage au­tour de la Bos­nie-Her­zé­go­vine vous ouvre bien grands les yeux, dans tous les sens du terme : vous pou­vez en­core voir les im­pacts de balles dans les murs, ou des signes de mines, joyeux stig­mates du conflit des an­nées 90 et du siège de Sa­ra­jevo. Balles à part, la gente tou­ris­tique se rue nor­ma­le­ment sur le pont de la ville de Mos­tar qui compte dé­sor­mais, chaque été, 4 tou­ristes pour un mètre carré de pierre lisse. Un peu plus haut que tout le monde, sur le muret, vous trou­ve­rez tou­jours un mec qui a fait le pari, la veille, de plon­ger dans la ri­vière. Bref, en été, fuyez. Mais re­ve­nez quand même, lors­qu'il fait moins chaud. Vous croi­se­rez certes des tou­ristes, mais bos­niens cette fois.

Be­ni­dorm (Es­pagne)

Une cer­taine idée de l’en­fer. Deux ar­mées de 100 000 An­glais contre 100 000 Al­le­mands venus co­lo­ni­ser la plage à grands ren­forts de bou­teilles de Smir­noff et de crème in­dice 50. Quand on ha­bite l’an­née à Be­ni­dorm, une se­maine en été dure 8 jours. Le décor prend su­bi­te­ment des teintes rose fuch­sia, contrai­gnant l’au­toch­tone à ram­per à tra­vers un taillis de paréo fluos, quitte à perdre la vue. Les cha­peaux mal-tres­sés, les cos­tards blancs, les ta­touages à deux balles…tout res­semble à ce que Scar­face nous a laissé de plus dé­gueu. En Es­pagne, on dit que Be­ni­dorm c’est « la pe­tite Las Vegas ». Moi, je suis sûr que même à Vegas, la Sangría (très chère) sent moins le rai­sin sec. 

MT

Neu­sch­wan­stein (Al­le­magne)

Tu veux être hips­ter-com­pa­tible, même pour des va­cances en Al­le­magne ? The big B is the ans­wer. Par contre, si l’on en croit la bible du voya­geur lambda, le Lo­nely Pla­net, tu risques de te re­trou­ver à Füssen, aka le cul-de-bob. Bien­ve­nue donc au fin fond de la Ba­vière, au Châ­teau de Neu­sch­wan­stein. Vous l’au­rez de­viné, la bas­tille de Louis II de Ba­vière est cer­tai­ne­ment le plus gros point tou­ris­tique teu­ton et per­suade chaque été, chaque ci­toyen du monde à se taper la route jus­qu’à la fron­tière de l’Au­triche. Pour faire quoi ? La queue. Même ceux qui ont le men­tal suf­fi­sant pour at­tendre 3h pour­raient être déçus par la vi­site gui­dée qui est l’un des exemples les plus criards de ma­ni­pu­la­tion des masses. Tout comme dans les cafés hips­ter de Ber­lin, tu ne croi­se­ras aucun Al­le­mand au­tour de Neu­sch­wan­stein qui de­vient qua­si­ment, deux mois du­rant, une ré­gion nip­pone. « Photo, photo ? »

KF

La Mer Bal­tique (Po­logne)

Władysławowo, Ju­rata, Jas­tar­nia ou bien Kry­nica Morska. Qu’im­porte les noms. Les sta­tions bal­néaires po­lo­naises au bord de la bal­tique ont connu leur hype avant la guerre. Au­jour­d'hui, c’est fini. Les rai­sons ? Les mêmes que par­tout. On vous les donne en mots-clés : étran­gers bour­rés, hô­tels en dur, fa­milles nom­breuses. Trois ar­gu­ments qui vous per­mettent de lais­ser tom­ber votre vo­lonté d’en ap­prendre plus sur la Po­logne. L’été, du moins.

KP

Gué­rande (en France mais très à l’Ouest)

Pour tout ceux qui snobent la po­pu­laire et po­pu­leuse côte d'Azur, la Pres­qu'île de Gué­rande est de­ve­nue le sym­bole d'une Bre­tagne chic et calme. Sauf qu'en pleine sai­son, quand vous n'avez pas le bud­get de ces Pa­ri­siens aisés qui crèchent au Croi­zic ou à La Baule, vous échouez au plus calme du calme. Entre le centre de loi­sirs où grouillent des ados à bou­tons et le centre-ville avec sa foule de bour­geois en polo La­coste, ça ne va pas beau­coup swin­guer. Pour la côte, dont votre hôtel est, for­cé­ment un peu loin, vous dé­cou­vrez qu'elle est ma­gni­fique et...​vis­queuse. Vis­queuse, c'est la mé­duse dodue de 40 cm de dia­mètre sur la­quelle vous venez de mar­cher. Et elles s'échouent par co­lo­nies en­tières, ac­com­pa­gnées de pe­tites bou­lettes de ma­zout, à la pre­mière tem­pête. De quoi pas­ser l'en­vie d'al­ler se bai­gner le jour où, enfin, l'eau est à plus de 20 de­grés. True Ouest-side story.

JA

Comme nous ne sommes à l'abri de rien (même quand on bosse dans un média pa­neu­ro­péen) nous sommes évi­dem­ment ou­verts à toutes autres pro­po­si­tions de the place to NOT be cet été. Contact : re­dac­tion@​ca­fe­ba­bel.​com