US et Après?

Article publié le 19 novembre 2012
Article publié le 19 novembre 2012
Par Aris Kokkinos Good news are no news. Comme dans l’élection américaine, l’UE fut absente de la discussion. Malgré la crise financière, les relations avec l’Europe restent sans histoire. Bruxelles espère toujours une visite présidentielle et les bons rapports ne font pas de l’info. Zoom sur l’actualité américaine donc.

La réélection de Barack Obama, si elle était attendue, a cependant un côté singulier. John Harris rappelle que c’est la première fois, depuis Franklin Roosevelt, qu’un président est réélu dans un tel contexte économique. Cela s’explique par une meilleure adaptation du Parti démocrate à une Amérique qui change. Comme en 2008, le clivage est net entre deux catégories, l’une multiculturelle et l’autre WASP (White Anglo-Saxon Protestant). Le président Obama a le soutien des minorités, mais c’est l’électorat républicain qui, dans les résultats, est à présent minoritaire. Et il risque de garder ce statut, faute de vision à long terme du Grand Old Party.

Laurence Nardon remarque également les changements sur la scène politique. Dans les dernières décennies, l’histoire américaine a été cyclique. Ce nouveau cycle est particulier. L’élection de 2008 a fait croire que les Etats-Unis passaient du centre droit au centre gauche, mais depuis 2010 les républicains dominent le Congrès. Les cycles peuvent aussi être courts. Dans un second mandat, les deux premières années sont les plus importantes, les deux suivantes étant celles du passage de témoin.

A présent se profile la falaise fiscale. Avec les réductions d’impôt de son premier mandat, George W. Bush a laissé un cadeau empoisonné, avec prescription pour le 1er janvier 2013. Faute d’accord entre le président et le Congrès sur la réduction du déficit, les Américains commenceront l’année avec des hausses d’impôt massives, et des réductions de dépenses fédérales drastiques.

Les médias aussi ont leurs cycles. Il y a encore trente ans, remarque Harris, la salle du Press Club aurait suffi à accueillir les dirigeants des grands médias américains. Aujourd’hui, un nombre incalculable de gens définissent l’agenda. Politico, qui connait les deux modèles, a étreint le net en ayant sa niche : de l’info politique, sans ligne politicienne. Nardon observe l’autonomie qui résulte d’internet: l' utilisateur lit ce qui lui convient. Ce qui tend au final à le rendre plus radical.

Parmi les questions du public, celle du journaliste John Holland portait sur les conséquences du scandale Petraeus. Corollaire à cette affaire : le général John Allen, accusé de communications inappropriées, pourrait ne pas succéder à l’amiral James Stavridis, à la tête du commandement européen de l’OTAN. Cette situation en suspens n’arrange pas des relations transatlantiques parfois compliquées (voir l'article de Jeanne Heuré). Pour Obama, 2013 a déjà commencé. Mais Mister Cool aime être en avance sur son temps.