Union des jeunes : la cdu, plus près de toi l'Europe

Article publié le 19 septembre 2013
Article publié le 19 septembre 2013

C'est l'été à Berlin, un mois avant les élections au Bundestag. Je m'entretiens avec Christoph Brzezinski, Président régional de l'Union des Jeunes (UJ) à Berlin. Nous parlons de politique européenne, de sa signification pour la jeunesse et du programme électoral de la CDU/CSU. 

Cafébabel Berlin : Tu es membre de l'Union des Jeunes depuis 2004. Qu'est-ce qui t'as amené à t'engager en politique - et plus particulièrement dans l'Union des Jeunes?

Christoph Brzezinski : Bizarrement, je me suis intéressé à la politique relativement tôt, et c'est vers l'âge de 16, 17 ans que j'ai pensé qu'il serait bon de m'engager activement. En fait, au début, je n'étais pas très sûr de la direction à prendre et j'ai donc assisté aux réunions de plusieurs organisations de jeunes. C'est le mélange de politique libérale et de responsabilité sociale, qui est aussi la ligne de la CDU,  qui m'a fait me décider pour l'Union des Jeunes.

Cafébabel Berlin : Décris-nous ton rapport à l'Europe.

CB : Sans problème! (rires). C'est précisément une des raisons pour lesquelles je me suis engagé dans l'UJ : car la CDU est le parti qui est le plus proche de l'idée fondamentale de l'Europe. Je suis d' avis que l'Europe reste le projet politique le plus important, surtout pour notre génération. Il y a beaucoup de choses qu'on considère acquises car on ne se souvient pas de l'époque à laquelle la vie en Europe était toute autre. On trouve ahurissant que la flotte britannique aille se poster à Gibraltar pour faire enrager les Espagnols  - alors que fut un temps, ces choses là arrivaient tout le temps. Les jeunes n'apprécient souvent pas l'intégration européenne à sa  juste valeur : je pense à  Erasmus ou la monnaie unique.  Beaucoup d'entre eux manquent de conviction pour l'Europe.  C'est là-dessus que l'on doit travailler : préserver, faire avancer et valoriser l'intégration européenne.

Cafébabel Berlin : Quelle est la position de l'UJ concernant la situation parfois précaire des étrangers en Allemagne ?

CB : Je pense qu'on devrait donner aux gens, qui sont ici depuis plusieurs années et qu'on a fait patienter, la possibilité de gagner leur vie de manière légale. Ce n'est pas exactement la position de mon parti - mais sans cela, à mon avis, on ne laisse aux gens pas d'autre choix que de sombrer dans la criminalité.

Cafébabel Berlin : Cela nous amène à la thématique de la politique européenne vis-à-vis des demandeurs d'asile.

CB : Concernant la situation globale des demandeurs d'asile, il est important de trouver une solution au niveau européen. On ne peut décemment pas laisser l'Espagne ou l'Italie se débrouiller toutes seules face à ce problème. Il faut que les choses soient clarifiées au niveau européen, et que ces personnes soient réparties de manière uniforme en Europe. Mon parti pourrait sans doute s'impliquer d'avantage dans la question.

Cafébabel Berlin : Y'a-t-il au niveau européen une figure politique que tu considères comme un modèle ?

CB : Non, pas vraiment. Et je pense que c'est aussi cela le problème : on manque de figures auxquelles s'identifier au niveau européen. La politique à Bruxelles est souvent très éloignée des citoyens des Etats membres. S'il y avait plus de figures politiques jeunes et nouvelles au Parlement européen, il serait plus facile de s'identifier à l'Europe.

Cafébabel Berlin : Les Allemands manquent-ils de solidarité vis-à-vis des autres pays européens ?

CB : C'est une question à laquelle je répondrai naturellement  « non ». La situation, particulièrement dans les pays d'Europe du Sud, est certes dramatique. Les images de ce qui s'y passe nous touchent et il faut bien sûr que de l'aide soit apportée. D'un autre côté, on ne peut pas, au niveau européen, influencer ce qui se passe dans chacun des Etats. Il n'est pas possible que les Etats mènent leur propre politique économique et financière et que les dettes soient ensuite à la charge de la communauté. Cela va à l'encontre de ce qui est juste et c'est difficile à faire accepter aux citoyens. Les coupables de la situation en Grèce sont les gouvernements grecs qui se sont succédés depuis 10 ans, voire plus, et qui ont fait toutes les erreurs possibles et imaginables, parfois en toute connaissance de cause, dans le but de s'enrichir. 

Cafébabel Berlin : Tu as déjà mentionné qu'il est difficile de faire accepter au citoyen  les mesures de sauvetage au niveau européen …

CB : On peut naturellement être compréhensif vis-à-vis des gens sui sont affectés par la crise. Mais comment voulez-vous faire comprendre aux gens en Allemagne que nous devons dépenser beaucoup d'argent pour les autres, quand nous avons nous-mêmes assez de problèmes, comme par exemple le chômage.  Il y a encore beaucoup à faire en matière d'intégration européenne - mais injecter encore plus d'argent n'est à mon sens pas la solution. Des pays comme la Grèce doivent effectuer des changements structurels et on devrait bien sûr les y aider.

Cafébabel Berlin : Tu as fait allusion au chômage. Que peut-on faire pour lutter contre le chômage des jeunes en Allemagne?

CB : C'est un gros problème, qui est également lié à l'identification à l'Europe. Car quand on a 20 ans et qu'on n'a ni boulot ni perspectives d'avenir, on ne croit plus au système européen. On est en train de perdre toute une génération!

Je pense qu'il faut résoudre le problème du lieu. Nous, Allemands, ne pouvons que donner un conseil. Je ne suis pas un expert en économie espagnole ou grecque, mais il me semble que l'on doit réfléchir à une solution durable. Cela ne va pas se faire en un jour - ce qui est également un problème car les jeunes au chômage ont besoin que quelque chose soit fait maintenant. A mon sens, il n'y a pas de solution toute faite. On ne peut malheureusement pas faire venir tous ces gens en Allemagne et leur proposer une formation.

Les autres entretiens de la série "Jeune & politique" (la plupart en allemand) se trouvent ici.