Une leçon pour laquelle il n’est nul besoin d’être croyant

Article publié le 6 janvier 2015
Article publié le 6 janvier 2015

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Jorge Mario Bergoglio : une visite très attendue. Un pape d’outre-atlantique issu d’une famille d’immigrés européens.

Un souverain pontife révolutionnaire qui propose de faire entrer les femmes et les méthodes contraceptives à  la curie ou encore de supprimer les services ecclésiastiques payants.

L’arrivée d’un souverain pontife, après 26 ans d’absence vaticane au Parlement Européen.

Accès difficiles, lever aux aurores, formalités et stupéfaction.

Voilà mes impressions entre l’hôtel et l’Hémicycle strasbourgeois. Un Parlement Européen imposant, majestueux, la plus grande réussite des fondements de la démocratie après une deuxième Guerre Mondiale dévastatrice. Et puis soudain, une salle vide. Aux premières heures de la matinée, quelques eurodéputés ça et là donnant leur avis sur les objectifs en matière d’emploi et de développement de la stratégie Europe 20-20.

Une heure et demie plus tard, on redécouvre pleinement et de manière réconfortante que le Parlement est fait d’hommes et de femmes. La magie ? Le discours du Pape François 1er. Face à l’indifférence des citoyens envers les institutions européennes, on comprend plus que jamais que tout n’est pas perdu. Un discours encourageant pour réorienter la façon de gérer la diversité de l’Unité de l’Europe.

Une leçon pour laquelle il n’est nul besoin d’être croyant, juste « personne humaine ». Il s’est clairement adressé à une Europe absorbée par son image, son apparence, obsédée par sa structure économique et qui a donné à tout le monde. Face aux termes techniques il a évoqué le sophisme comme étant l’ennemi d’un continent qui dégrade sa propre conscience identitaire en tolérant que la Méditerranée soit un cimetière : « Ne confondons pas la réalité de la démocratie avec un nouveau nominalisme politique : les purismes angéliques, les totalitarismes du relativisme, les fondamentalismes anhistoriques, les éthiques sans bienveillance, les intellectualismes sans sagesse ».

Café doux-amer pour tout le monde. Europhobes, nationalismes, populismes… à appliquer avec sérénité papale mais à appliquer quand même. Grande ovation, Pablo Iglesias subjugué et la Gauche Unie (Izquierda Unida) absente. Puis retour au rythme frénétique du Parlement qui réfléchit et réfléchit encore, messieurs dames, non pas sur la religion justement mais sur l’humain, une fois de plus.