Une jeunesse européenne gelée

Article publié le 7 mars 2006

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

La Commission européenne prévoit des coupes budgétaires sur les programmes Jeunesse. Des réductions qui vont toucher la culture et la citoyenneté européenne.

La diminution du budget de deux programmes européens consacrés à la jeunesse fait partie de la réduction générale des ressources attribuées aux domaines de la culture, la jeunesse et la citoyenneté. Une baisse de subsides consécutive à l’accord du Conseil européen conclu en décembre 2005 sur le budget 2007-2013. Les subventions attribuées à la culture, la jeunesse et la citoyenneté ont été gelées pour l’année en cours et nécessiteront 176 millions d’euros en 2007 et 179 millions en 2013. Le montant global assigné à la citoyenneté sera réduit de 8% entre 2006 et 2007.

200 000 jeunes affectés

Plus que jamais l’Europe a besoin de ses jeunes citoyens. La découverte des réalités qui constituent le continent passe avant tout par les échanges entre Européens. Les projets «Action jeunesse» et «Education et Formation tout au long de la vie» permettent de mettre en place des espaces de rencontres, d’échanges et de volontariats qui réunissent des jeunes de différentes origines.

Le programme «Action Jeunesse» risque d’être réduit de 12% alors que celui consacré à l’éducation et à la formation diminuera de 40 à 60%. Les coupes dans ce programme vont profondément affecter les jeunes à travers l’Europe. Cela signifie moins de ressources disponibles pour la période 2000-2006. Ces projet avaient néanmoins clairement démontré leur contribution vitale et leur soutien aux organisations en faveur de la jeunesse: entre 2000 et 2002, plus de 200 000 jeunes ont pris part à près de 8000 échanges réalisés dans le cadre du programme Jeunesse.

Le Forum de la Jeunesse Européenne, plateforme représentant les différentes organisations dans le domaine en Europe, a activement supporté la proposition du Parlement européen visant à allouer 1,1 milliard d’euros au programme d’action Jeunesse et 14,6 milliards d’euros au projet Education et Formation au long de la vie. Les sommes proposées par la Commission en juillet 2004 – 915 millions d’euros pour le premier et 13,6 milliards d’euros pour le second – permettront certes aux initiatives de fonctionner correctement. Mais les réductions budgétaires décidées par le Conseil européen affaibliront les activités en nombre comme en qualité.

Construire le futur de l'Europe

Les institutions de l’Union européenne ont besoin de travailler en synergie sur un projet commun et non d’envoyer des messages contradictoires. Le récent ‘Livre blanc sur la Communication’ a donné la priorité aux programmes précités, afin de réduire le fossé entre l’Europe et ses citoyens. Les débats sur la Constitution européenne et la stratégie de communication «Plan D» démontrent à quel point il est nécessaire d’impliquer les jeunes dans la construction de l’Europe et dans le futur de l’UE. Le fameux «Plan D» offre la possibilité aux organisations et aux jeunes de rendre l’UE plus démocratique et en phase avec ses citoyens. Il vise à développer une citoyenneté européenne ainsi que de nouvelles formes de gouvernance. Mais quand viendra le moment de le mettre en œuvre, le manque de ressources se traduira forcément par un échec.

Plutôt que de se contredire, le Conseil européen ferait mieux de transformer ses paroles en actes. Au Conseil européen du printemps dernier, un Pacte européen pour la jeunesse a été adopté, considérant les jeunes comme condition nécessaire à la réalisation de l’Agenda de Lisbonne. « Elargir l’accès aux étudiants pour qu’ils entreprennent une période d’études dans un autre Etat membre » est une disposition-phare de ce Pacte. Désormais impossible à tenir vu les restrictions budgétaires prises.

Les 25 devraient fournir les moyens nécessaires pour que les jeunes s’ancrent de manière durable dans la société civile. Cette attitude témoignerait d'une volonté d’investir dans l’Europe ainsi que dans les futures générations. Et si cet investissement reste limité en comparaison à d’autres programmes de l’UE, les effets bénéfiques eux sont inestimables.