Une Hongrie en colère contre un système répressif

Article publié le 10 novembre 2014
Article publié le 10 novembre 2014

Des milliers de citoyens ont élevé la voix contre le gouvernement de Viktor Orban pour tenter de bloquer la taxe sur le trafic des données Internet récemment adoptée.

Au cours des derniers mois, la Hongrie a défrayé la chronique européenne relativement souvent, et pas pour les meilleures raisons. D'abord, c'était l'attaque générale contre la nomination de Tibor Navracsics, l'actuel commissaire à l'éducation, la culture, la jeunesse et les sports, dont la position à l'encontre des droits de l'Homme étaient plus que controversée. Plus récemment, un épisode explosif a eu lieu après que le premier ministre Viktor Orban a annoncé la décision d'imposer une taxe du trafic des données sur Internet, déclenchant l'indignation de milliers de hongrois.

Orban a souvent été critiqué pour son effort centré sur la censure des médias indépendants du pays. Souvenons-nous de la polémique générée par le portefeuille de Navracsics qui, grâce à la pression sociale, est passé de « citoyenneté » à « sport » (ce qui était aussi une façon rapide et aisée de garantir au commissaire hongrois sa position, devenue quelque peu fragile après qu'on lui a demandé de passer une seconde audition au Parlement).

Il ne s'agit pas du seul problème avec la Hongrie

En janvier 2011, la Commission européenne a publié un communiqué à propos d'une nouvelle loi des médias instaurée par le gouvernement hongrois qui disait : « La nouvelle loi des médias de la Hongrie, qui exige de tous les médias d'être enregistrés comme tels et de fournir une couverture "équilibrée" des événements nationaux et européens, a été débattue lundi à Strasbourg par les commissions des libertés civiles et de la culture. »

Certains députés européens ont sommé la Hongrie de retirer immédiatement cette loi, alors que d'autres l'ont enjointe à attendre que la Commission européenne évalue sa compatibilité avec les législations et les droits fondamentaux de l'UE. Le ministre hongrois de la justice a promis d'amender la loi si cela s'avérait nécessaire. Même si le critère devrait être le même pour tous les États membres, le thème des médias libres semble ne pas avoir changé après environ quatre ans, tandis que Tibor Navracsis s'est élevé et joue un rôle important au sein du spectre européen... Est-ce convenable ?

Le gouvernement hongrois doit encore adopter la mesure relative à la taxation du trafic Internet. Le porte-parole de Neelie Kroes, ancienne vice-présidente de la Commission et chargé du programme informatique, a affirmé qu'il s'agissait d'une « idée terrible ». Plus encore, « il ne s'agit pas de savoir si cette loi est légale ou non, mais c'est la partie visible de l'iceberg d'un type inquiétant de comportement et de lois venant du gouvernement hongrois ». Naturellement, au cours de ces derniers jours, la Hongrie a été la scène de manifestations massives contre le gouvernement d'Orban et ses idées primitives sur la liberté de l'information.