Une enclave russe dans l’Union européenne

Article publié le 13 juillet 2004
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Article publié le 13 juillet 2004

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Avec son statut particulier, la région de Kaliningrad a toujours connu des difficultés. Comment la récente adhésion européenne de ses voisins va t-elle affecter son territoire ?

Kaliningrad, ex-Königsberg, zone militaire fermée depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’à l’effondrement de l’URSS, est devenue un des principaux points de coopération entre la Fédération de Russie et l’Union européenne. Depuis longtemps, l’Europe entretient des relations avec cette région densément peuplée de Russie (environ un million d’habitants), enclavée dans l’UE depuis mai 2004. Depuis 1991, l’Union européenne a pris d’importants engagements financiers pour Kaliningrad, affectant directement environ 40 millions d’euros au titre de l’assistance Tacis dans le cadre du programme national pour la Russie. L’Accord de partenariat et de coopération (APC) est entré en vigueur en décembre 1997 pour une période initiale de dix ans, établissant des relations bilatérales dans différents domaines entre la Russie et l’UE.

Problèmes passés, présents, et à venir

Tout l’argent reçu par Kaliningrad des fonds européens devait être consacré à la santé et au développement économique. Les projets liés à divers problèmes concernaient la qualité de l’eau aux frontières avec la Lituanie et la Pologne, la lutte contre le grand banditisme et la réduction des risques de santé. Le transit et la qualité des contrôles aux frontières avec la Lituanie et la Pologne constituaient des problèmes délicats avant le 1er mai. Ces problèmes sont toujours là et de nouveaux sont apparus, comme l’a montré la conférence qui s’est déroulée à Kaliningrad. Michael Cikel, responsable des autorités locales, a rencontré Richard Rite, représentant de la Commission européenne en Russie. Après deux semaines entièrement consacrées à la région de Kaliningrad, ce dernier retournera à Bruxelles. Viktor Romanovski, à la tête du département des Relations économiques internationales russe, et Sergey Bezbrezjev, représentant du département des Affaires étrangères russe, étaient aussi présents à la conférence. Tous deux se sont entretenus avec M. Rite des sujets qui l’intéressaient, notamment de l’influence de l’adhésion de la Lituanie sur la situation socio-économique de Kaliningrad et d’une nouvelle version de la loi relative au problème de la zone économique spéciale. Ils ont aussi informé le représentant de l’UE que la procédure de contrôle des marchandises acheminées par train à la frontière lettone était compliquée et très onéreuse. M. Rite a souligné que les problèmes de transit des biens, apparus après l’application de nouvelles lois, seraient discutés sérieusement et résolus avec de nouveaux accords.

Postscriptum

Pas de doute : Kaliningrad coopérera avec l’Union européenne. La question est plutôt de savoir si cela changera le statut des autorités locales qui pourraient acquérir une plus grande indépendance et, qui, en ce moment obtiennent plus de moyens financiers pour épargner. Le temps nous montrera d’une part la réaction des autorités de l’Etat russe face au statut problématique de Kaliningrad en tant que territoire coupé de la Russie, entouré et largement influencé par les nouveaux membres de l’UE. D’autre part, un problème pourrait naître là de quelques tendances séparatistes. Pour faire bref, aujourd’hui, l’Union européenne reconnaît pleinement que Kaliningrad fait partie intégrante de la Fédération russe.