Une dose de féminisme à l’européenne : un petit vent de parité ?

Article publié le 24 juin 2008
Article publié le 24 juin 2008
Le Babélien du lundi A la veille de l’élection du Parlement européen en 2009 et alors que l’UE devrait (aurait dû) faire entrer en vigueur le traité de Lisbonne d’ici à peu, Christel Schaldemose, députée européenne, lance une pétition sur Internet sur le thème « Females in front ».
Son but : rassembler 1 million de signatures dans le cadre d’une initiative citoyenne pour voir représentée la gente féminine dans les postes clefs de l’UE qui seront à pourvoir à partir de 2009.

Le constat est simple. L’Union européenne compte près de 250 millions de femmes, soit la moitié de la population européenne. Et quelle est sa représentativité aux postes clefs de l’UE ? Seulement 9 sur 27 commissaires sont des femmes. Depuis 50 ans, « l’image de l’Europe est la même », s’insurge le site Females in front. Un monde dominé par les hommes, à se demander s’il est impossible de trouver une femme « suffisamment compétente » pour répondre aux exigences de ces fonctions. Puisque l’UE met justement d’égalité entre les sexes au centre de son projet, pourquoi les Etats membres, les parlements nationaux et l’UE sont-ils dominés par la gente masculine ?

D’ici à l’année prochaine, 4 postes clefs seront à pourvoir au sein de l’UE : le président permanent du Conseil européen et le Haut-représentant des affaires étrangères et de la politique de la sécurité (dans le cadre du Traité de Lisbonne – si tant est qu’il parvienne à être mis en place) ainsi qu’un nouveau président du Parlement européen et qu’un président de Commission. Faisons le pari que les plus compétents seront assignés à ces postes et que parmi eux, on retrouvera des représentantes de la moitié féminine de la population européenne.

Parmi les soutiens apportés au projet de Mme Schaldemose, on compte ceux de Catherine Trautmann, Daniel Cohn-Bendit et Bronislaw Geremek. Et notons que seulement 2 jours après le lancement de la pétition, l’initiative avait déjà rassemblé près de 30 000 signatures. Le « coup de gueule » de la députée européenne a fait des émules et rien ne semble pour le moment indiquer que son plan ne puisse pas être mené à bien. Quel meilleur moyen de pression à présenter devant la Commission européenne qu’une pétition d’un million de signature ?