Une attaque chimique meurtrière en Syrie provoque l’indignation générale

Article publié le 5 avril 2017
Article publié le 5 avril 2017

Cent personnes, dont des enfants, ont été tuées mardi dans un bombardement aérien qui a émis du gaz toxique à Khan Cheikhoun, une ville du nord-ouest de la Syrie tenue par les rebelles. 400 autres ont été asphyxiées, selon l’Union des organisations de secours et soins médicaux. 

 

Pour la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, le régime de Damas porte la « principale responsabilité » de l’attaque « chimique ». «Aujourd'hui, les nouvelles sont horribles. Evidemment, la principale responsabilité repose sur le régime» syrien, a-t-elle déclaré en marge d’une conférence internationale à Bruxelles sur la reconstruction de la Syrie.

 La France a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, qui se tiendra mercredi. « L’utilisation d’armes chimiques constitue une violation inacceptable de la convention sur l’interdiction des armes chimiques et un nouveau témoignage de la barbarie dont le peuple syrien est victime depuis tant d’années », a déclaré le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a jugé quant à lui «horribles» les rapports faisant état d'«une attaque aux armes chimiques» en Syrie, y voyant «toutes les caractéristiques d'une attaque du régime» syrien de Bachar al-Assad.

 « Nous ne pouvons plus laisser cette souffrance se poursuivre », a déclaré la première ministre britannique, Theresa May, « horrifiée » par l’attaque. S’il est établi que ce bombardement a bien été perpétré par Damas, « ce sera une preuve supplémentaire de la barbarie du régime syrien », a-t-elle ajouté. « Il ne peut y avoir d’avenir pour Assad dans une Syrie stable et représentative de tous les Syriens », a-t-elle déclaré en plaidant pour une transition sans lui.

 Donald Trump est pris à partie

Partisan de longue date d’un engagement plus important en Syrie, le sénateur américain John McCain a une nouvelle fois appelé le président américain à « armer l’Armée syrienne libre », principale force d’opposition en dehors des groupes islamistes, en ajoutant : « Bachar Al-Assad et ses amis, c’est-à-dire les Russes, font attention à ce que les Américains disent. Je suis sûr qu’ils se sentent encouragés par le retrait des Etats-Unis et les ouvertures vis-à-vis des Russes. C’est un nouveau chapitre honteux de l’histoire américaine.  Assad est en train de tester le président Trump et notre secrétaire d’Etat, Rex Tillerson. Nous ne pouvons pas ne rien faire », a estimé le sénateur républicain John Kennedy, sur CNN.

Maryam Radjavi dénonce « un crime de guerre majeur »

La présidente élue de la Résistance iranienne, Maryam Radjavi, a décrit l’attaque chimique sur Idlib et le carnage sans pitié de personnes sans défense, dont des enfants, comme « un crime de guerre majeur ».

Khamenei et Bachar el-Assad sont responsables de cette attaque chimique, comme c’était le cas en août 2013 lors de bombardements chimiques et ils devaient être traduits en justice, a-t-elle insisté.

Maryam Radjavi a salué les résistants en Syrie et a présenté ses sincères condoléances aux victimes d’Idlib et souhaité un rétablissement rapide aux blessés.

La persistance des crimes de guerre en Syrie avec l’implication grandissante des gardiens de la révolution islamique et de ses milices montre clairement que tant que le régime iranien et les Pasdaran ne sont pas expulsés de Syrie, et tant que leur gouvernement marionnette est au pouvoir à Damas, la paix, la tranquillité et même un cessez-le-feu ne pourraient pas être atteints dans le pays et la région.