Un tête-à-tête avec Tom Bonte, directeur d’un centre d’art au coeur de Bruxelles

Article publié le 24 avril 2012
Article publié le 24 avril 2012
Par Alfonso de Cea Le Beursschouwburg, un lieu cool et fortement marqué par l’esprit de cette ville, expose le travail des artistes et penseurs de demain. CafeBabel s’est entretenu avec Tom Bonte, directeur artistique et général du centre Beursschouwburg, pour connaître la structure d’un lieu artistique aussi bien innovateur que populaire en plein centre de la capitale européenne.

Pouvez-vous me dire en quelques mots, en quoi consiste le Beursschouwburg?

Beursschouwburg est un centre d’art au cœur de la ville de Bruxelles. C’est une plate-forme de réflexion et de présentation pour les artistes; mais aussi un dialogue permanent avec le public qui trouve ses racines dans la communauté créative de Bruxelles, qu’ils soient néerlandophones, francophones, anglophones ou autres.

Beursschouwburg s’engage avec des jeunes artistes et travaille d'une manière multidisciplinaire. Nous somme dans un centre d’art où l’on choisit de se concentrer sur le “monde créatif” plutôt que l’artistique ‘stricto sensu’.

Beursschouwburg collabore avec la ville de Bruxelles mais aussi à l’international de manière sincère et complémentaire. Son emplacement au cœur de la ville se voit comme un lieu de rencontre et de dialogue.

Comment fonctionne le Beursschouwburg de l’intérieur?

Je suis directeur général et artistique, mais je m’occupe aussi de la programmation des arts de la scène. Nous avons une personne qui s’occupe de la programmation des arts audiovisuels et une autre personne qui est en charge des concerts ainsi que des activités relatives à la musique. Ces trois programmeurs sont soutenus par une équipe technique, une équipe de production et une équipe de communication et relations publiques.

On a aussi un café où l’on présente souvent des concerts ainsi que des débats. On loue aussi nos salles, notre terrasse ou café extérieur. Notre bâtiment est très adapté pour l’organisation de différentes activités au même moment.

Le programme culturel dépend-il des contacts de l’organisation avec les artistes?

Bien sûr. Une partie de la programmation vient de la recherche des trois programmeurs. On est aussi souvent en contact avec des artistes qui viennent proposer leur propre travail. A partir de 2013, une partie de notre programme sera initiée par nos artistes associés. Cette partie s’organise aussi par nos partenaires de la ville : la maison flamande-néerlandaise deBuren, la société coopérative Micromarché et l’organisation socio-artistique GlobeAroma. À partir de 2013 Timelab, un laboratoire et atelier créatif basé à Gand, rejoindra nos partenaires.

Un petit mot par rapport aux artistes associés: à partir de 2013, les artistes Miet Warlop (artiste multidisciplinaire), Olivia Rochette & Gerard-Jan Claes (vidéo), et le collectif franco-belge L’Amicale de Production (petite maison d’édition de projets) se produiront au Beursschouwburg. Les artistes associés pourront en même temps initier leurs projets en invitant d’autres artistes.

Vous avez changé d'emplacement depuis peu, pourquoi avoir choisi le quartier de la Bourse ?

On est vraiment dans le cœur de Bruxelles et ça c’est déjà extraordinaire ! Le quartier grouille de personnes de toutes nationalités. Nous somme aussi bien situés avec le transport public. Ce sont des grands atouts au niveau des relations publiques.

Au niveau des projets artistiques que nous présentons et qui sont souvent expérimentaux ou jeunes (ou les deux), c’est génial de pouvoir présenter un travail dans le centre de la communauté artistique!

Votre concept avec la terrasse est tout nouveau, et vous proposez des créations artistiques originales: les bruxellois sont-ils réceptifs à ce concept? Pensez-vous que ça pourrait marcher à Paris, par exemple dans le Marais? Out Loud!: des films et des concerts gratuits se déroulent pendant le mois de juin sur notre terrasse. C’est déjà la 4ème fois qu’on le fait et c’est vraiment un grand succès! Vous savez, c’est vraiment un endroit un peu caché, une petite découverte. Et la combinaison du lieu-programmation donne vraiment un élixir exceptionnel.

Une ville comme Bruxelles porte en soi un très grand potentiel artistique. C’est une grande ville en comparaison avec d’autres villes en Belgique, et la population est très hétérogène voire cosmopolite. Il y a une grande communauté créative, et c’est un grand défi pour nous de relier ce public à notre programmation.

Quelle est votre clientèle? Des bruxellois ou bien des expats?

Notre clientèle est déjà une belle carte de la communauté créative de Bruxelles. Nous recevons une grand partie de nos subsides de la communauté flamande, mais la plupart de notre programmation est non-langagière (musique, performance, arts visuels) ou anglophone (films, performance). Par conséquence, notre public est aussi très mixte : francophone, néerlandophone et des “expats” de toutes nationalités qui parlent l’Anglais comme lingua franca.