Un sommet européen sous haute tension

Article publié le 8 décembre 2011
Article publié le 8 décembre 2011
Par Aurélie Feller Photo: Davide Martinotti Sous les coups de 19h30, les 27 commenceront leur discussion au cours d'un long diner de travail qui a toutes les chances d'être tendu !
Tout d'abord, parce que, toute l'Europe est désormais dans le collimateur de l'agence de notation Standard and Poor's, les dirigeants européens se donnent une obligation de résultat sur les questions de gouvernance économique. Mais aussi, parce que ils devront faire fi des désaccords persistants de ces derniers mois pour aller de l'avant. Pour beaucoup, et comme l'a déclaré ce midi Nicolas Sarkozy, ce sommet est celui de la dernière chance !

Lundi, Standard and Poor's a menacé l'Europe d'une sanction financière globale. En plus de la Grèce et de Chypre, 15 pays sont désormais placés sous sa surveillance avec implication négative. Parmi eux, 6 pays dont l'Autriche, la Finlande, le Luxembourg, les Pays-Bas mais aussi l'Allemagne, qui bénéficient encore d'un triple A, risquent de basculer dans la catégorie AA+. Le temps presse donc, tandis que les sujets épineux sont nombreux.

Premier débat du chapitre économie, on discutera du renforcement des moyens d'intervention financière pour faire face à une éventuelle aggravation de la crise. L'implication de la Banque Centrale Européenne pour permettre de venir au secours des pays les plus endettés de la zone euro est actuellement refusée en bloc par l'Allemagne inflexible, acceptée par la France, indispensable pour la Grande-Bretagne.

L'idée d'une mise en commun des dettes publiques par la création d'euro-obligations, défendue notamment par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, se heurte aux priorités du tandem franco-allemand. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy privilégient le renforcement de la discipline budgétaire par l'instauration de règles contraignantes sur l'équilibre budgétaire et de sanctions automatiques visant les pays trop laxistes dont les déficits et les dettes seraient trop importants. Ces mesures de gouvernance économique nécessitent une révision de traité à conclure au mieux, mais plus difficilement, à 27 ou à défaut entre les seuls 17 pays de la zone euro.

Cette fois encore, ce sommet européen est crucial. Aux dirigeants européens de se montrer à la hauteur. Faute de réponse satisfaisante, ce sont tous les pays de la zone euro qui risquent de voir leur note abaissée dans l'immédiat du sommet européen.