Un simple apprenti devenu brillant responsable de sa communauté locale

Article publié le 29 mai 2014
Article publié le 29 mai 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Arbre par Arbre (« Drvo po Drvo » en serbe) est une initiative qui vit le jour à Subotica et s’attèle au bien-être et à l’environnement. A travers celle-ci, les jeunes volontaires veulent montrer qu’avec de la patience et un progrès pas-à-pas de grands changements peuvent être obtenus.

Interview menée par: Ana Alibegova

Editée par: Stefan Alievikj

Arbre par Arbre (« Drvo po Drvo » en serbe) est une initiative qui vit le jour à Subotica (Serbie) et s’attèle au bien-être et à l’environnement. A travers celle-ci, les jeunes volontaires veulent montrer qu’avec de la patience et un progrès pas-à-pas de grands changements peuvent être obtenus. C’est le cas de Nenad Lukic qui a participé au « Let’s Get Up Programme » des Balkans et est revenu du séminaire de gestion de projet en écologie avec l’idée d’accomplir quelque chose pour sa communauté locale. En s’engageant dans les activités d’Arbre par Arbre, il a également développé une expérience pratique, essentielle pour le marché du travail. « Cela peut sembler amusant, mais bien qu’ayant terminé les études d’architecture paysagiste, la première chose que nous ayons appris à l’Arbre par Arbre fut comment concrètement planter un arbre ». Neynad, agé de 25 ans, raconte alors son histoire :

M!:  Qui sont les personnes derrière Arbre par Arbre et quel est le but de vos activités ?

Nenad: Sachant que nous sommes de jeunes diplômés d’architecture paysagiste, il était évident que notre champ d’action serait lié à cette profession ainsi qu’à l’environnement. Après plusieurs projets à petite échelle, notre première grande initiative fut la « Young Trees For Young People » qui fut mise en œuvre en automne 2013. Nous avions remarqué que les espaces de jeux autour des écoles maternelles de notre ville natale étaient quelconques et manquaient d’arbres et d’espaces verts. Nous étions choqués de voir comme notre société néglige parfois les besoins des enfants et nous avions décidé d’essayer de changer cela.  Les enfants ont eux aussi pris part à la plantation, ce qui les a aidé à développer une attitude positive à l’égard de l’environnement dès le départ. Bien entendu, ce sont de bien petits progrès mais, comme le nom de l’initiative le suggère, Arbre par Arbre signifie qu’avec beaucoup de patience et d’enthousiasme ces changements deviendront un jour de plus en plus grands.

L’éducation au cœur de chaque action

M!: Sur quels projets travaillez-vous actuellement ? Pouvez-vous nous en dire plus sur le concept d’architecture paysagiste ?

Nenad: L’architecture paysagiste est une profession très multidisciplinaire qui comprend le design, la géographie, l’urbanisme, la sylviculture, l’horticulture et l’écologie. Elle est présente à différentes échelles, en partant de petits travaux comme aménager votre jardin, en passant par des espaces publics et parcs et va jusqu’à influencer les paysages, réserves naturelles et parcs nationaux. En ce moment, nous travaillons sur quelques idées qui sensibiliseraient plus et donneraient aux gens les moyens de faire quelque chose pour leur environnement et leurs quartiers. Dans la mentalité des gens en Serbie, nous avons encore des restes du passé, des restes du système où tout appartenait à tout le monde. D’un autre côté, les personnes plus âgées se souviennent des avantages d’un tel système où la jeunesse participait à d’importantes activités bénévolement. Ce système n’existe plus désormais, et plus personne n’organise ce même genre d’actions volontaires de même que la propriété publique n’est pas considérée comme un no man’s land. Les gens ne se soucient pas assez de ce qui les entoure car ils pensent généralement qu’« un autre s’en occupera ». 

Nous n’appartenons pas au groupe des pays riches, mais pour beaucoup de mesures et d’actions nous n’avons pas besoin d’argent ou d’énorme financement. Sortez avec votre voisin et plantez un arbre, recyclez, coupez l’herbe, nettoyez l’endroit parce que vous vivez là - personne d’autre ne va le faire pour nous. Dans nos prochains projets nous voulons motiver et encourager les gens à prendre plus soin les uns des autres et de leur communauté. Beaucoup ont oublié combien il est bon de faire quelque chose et de contribuer ainsi au bien-être général.    

Sans fonds mais avec de grands cœurs !

Education des enfants lors d’une plantation aux écoles maternelles

M!: Comment gérez-vous votre travail dans l’organisation ? Est-ce difficile de garder les membres motivés et engagés dans tout ce que vous faites ?

Nenad : Toutes les actions que nous avons faites jusqu’à présent étaient de nature volontaire. L’argent et les fonds sont les bienvenus et peuvent souvent nous aider à rester motivés, mais jusqu’à présent, c’est dans le but noble de cette initiative et notre enthousiasme que nous avons puisé notre motivation. Quand vous n’avez pas d’argent pour des salaires, vous savez alors que ce que vous faites, vous le faites avec votre cœur et l’expérience est tout simplement géniale ! Bien sûr, l’argent peut beaucoup aider et il est même nécessaire lorsque vous voulez élargir votre influence.

De façon à garder la motivation et le niveau de responsabilité à un haut niveau, nous avons décidé de respecter un modèle d’organisation précis : nous n’avons pas de présidents ou de patrons. De bonnes idées et des suggestions créatives sont des choses que nous recherchons avant tout - peu importe de qui elles viennent. Les gens autour de nous remarquent que nous travaillons avec passion et se sentent inspirés, alors ils s’impliquent et aident. C’est touchant de voir combien de volontaires des différentes générations sont prêts à participer, sans pourtant être rémunérés pour leurs efforts, juste parce qu’ils partagent votre désir sincère de travailler pour le bien-être commun. Par exemple, peu après avoir diffusé les nouvelles sur notre projet « Young Trees for Young People », un homme de 70 ans a appelé la station locale et demandé nos coordonnées pour se porter volontaire au projet. Il est venu et s’est joint à nous, bien que creuser des trous pour de grands arbres ne soit pas chose facile à faire et ce, même pour un jeune homme.

Volontaires avec des cadeaux à l’exposition d’architecture paysagiste organisée par Drvo po drvo

M!: Etant une organisation écologique basée en Serbie, que pensez-vous de la prise de conscience écologique dans votre pays ?

Etant dans une région qui a fait face à la guerre et à des sanctions dans les années 90 ainsi qu’à une crise économique constante, la plupart des citoyens pensent uniquement aux problèmes politiques cruciaux sur lesquels nous n’avons généralement pas d’influence directe. Pendant ce temps, la vie passe et nous oublions les « petites » choses qui font en fait parties de nos vies et qui nous rendent plus heureux. Il est vrai qu’une seule personne ne peut sans doute pas résoudre la crise économique mais elle peut pour sûr participer à l’amélioration des choses à une échelle locale.

La Serbie a beaucoup de problèmes environnementaux et nous avons besoin de nous y atteler. Indépendamment de notre entrée possible dans l’U.E, nous avons besoin d’améliorer nos éco-standards et de prendre soin de la nature. Comme toujours, ce n’est qu’ensemble que nous pouvons initier de grands changements et pouvons mener de plus grandes actions à plus grandes échelles.