Un regard sur l'Iran par la BD

Article publié le 24 mars 2013
Article publié le 24 mars 2013
Par Célia Garcia Montero Le hasard fait bien les choses pour Nicolas Wild : sa BD relatant notamment son séjour en Iran a été publiée le jour de Norouz, le Nouvel An persan. Une rencontre avec l’auteur était organisée dans le cadre de la Quinzaine iranienne. CaféBabel Strasbourg y était pour vous.

Cet ancien élève des arts décoratifs de Strasbourg se plaît depuis le début de ses études à présenter son point de vue par le biais de ses dessins. « J’ai pris l’habitude de tenir un blog où je raconte en bande-dessinée mon quotidien de manière amusante et décalée » explique-t-il. Ses voyages n’échappent pas à la règle. Après ses périples à Kaboul, Nicolas Wild fait part de ses pérégrinations en Iran avec « Ainsi se tut Zarathoustra ».

Cette bande-dessinée, dont le titre est un clin d’œil à Friedrich Nietzsche, relate à la fois son séjour en Iran, le déroulement d’un procès à Genève ou encore la révolte de 2009. La Quinzaine iranienne est pour lui l’occasion de raconter des anecdotes de ses voyages et de promouvoir ce pays. « C’est très facile de faire des rencontres en Iran, les gens sont curieux et vraiment très accueillants » raconte-t-il avant de souligner en se souvenant avoir assisté à un mariage clandestin dans un sous-sol de parking : « Dans la sphère privée, les Iraniens s’amusent beaucoup. »

A la découverte du zoroastrisme

Un des thèmes qui guide la lecture porte sur le zoroastrisme. Cette religion, l’un des plus anciens monothéismes au monde, repose sur la bataille entre le Bien et le Mal et respecte le feu comme symbole divin. Fondée par Zarathoustra au cours du Ier millénaire avant J.-C., elle compte aujourd’hui encore environ 40 000 adeptes en Iran qui tâchent de cohabiter avec l’islam. « Pendant longtemps, les Iraniens se sont moqués des zoroastriens. Des lois contraignantes existent à leur encontre » témoigne Nicolas Wild. À travers ses bulles, il s’efforce d’offrir sa vision du pays, son ressenti. « À partir du moment où l’on dessine la vérité, cela devient une interprétation » juge-t-il. Le seul regret de l’auteur est qu’il ne lui ait pas été possible d’intégrer de la musique dans sa BD pour plonger le lecteur dans l‘univers qu’il a vécu.

Le site spécialisé Planète BD l’accueille avec une critique élogieuse, complimentant le rythme du récit et le détail de ses planches. Les lecteurs charmés par son style de narration peuvent déjà s’attendre à un tome 3 à "Kaboul Disco" avant que Nicolas Wild ne se lance dans un nouveau projet au Liban.

Crédit photo : Célia Garcia Montero

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