Un rayon de sOLeil

Article publié le 30 mars 2010
Publié par la communauté
Article publié le 30 mars 2010
A quelques heures de ce Lyon-Bordeaux, affiche cocardière qui tient en haleine (encore fraîche à cette heure) toute la France du foot, les spéculations vont bon train sur les pronostics et les enjeux qui entourent ce duel entre les deux derniers lauréats de notre ligue1.

Depuis quelques jours, la presse n’est en effet pas avare de commentaires et d’exégèses sur la dramaturgie en deux actes qui s’ouvre ce soir derrière le rideau du petit théâtre de Gerland. Suprématie provinciale entre deux « Petits Paris », réaffirmation du leadership des Gones sur le foot français face à des girondins coupables du crime de lèse-majesté, affrontement entre le cure-dent de Laurent Blanc et l’impeccable nœud de cravate de Claude Puel, Saint-Emilion contre Saint-Joseph, cannelés contre ou encore duel à distance et cordial entre deux édiles partageant un goût commun pour la rénovation des berges de leurs cités… Gérard Collomb et Alain Juppé.

Au cours de l’interview croisée livrée ce matin par le Figaro, les deux élus reviennent sur le formidable outil de rayonnement que constitue la performance footballistique pour une métropole.

Et Gérard Collomb, enthousiaste, de lâcher ce chiffre : « Dans la presse internationale, quand le mot Lyon est cité, c'est grâce à l'Olympique Lyonnais à 60% ». On comprendrait alors mieux le soutien répété du Grand Lyon pour le projet d’OL Land porté par Jean Michel Aulas : aide le football, et le football t’aidera. Un leitmotiv qui exaspère Philippe Meirieu, tête de liste Europe Ecologie aux dernières élections régionales, qui soupirait récemment dans Libération (9 mars 2010) « Je suis ahuri et désolé quand j’entends dire que le rayonnement d’une ville dépend de son club de football ».

Alors … l’Olympique Lyonnais est il ce petit soleil susceptible de porter les rayons lyonnais jusque dans les contrées les plus lointaines ? Petits veinards que vous êtes, Babelyon soigne ses lecteurs et a mené sa petite mais révélatrice enquête. En effet, que l’on s’en félicite ou qu’on le déplore, la présence de la capitale des Gaules dans la presse internationale connaît indéniablement une accélération ronaldesque dès lors que l’OL se trouve placée sous le feu des projecteurs européens. A titre d’exemple, au lendemain de sa qualification retentissante aux dépends du Real, Lyon était cité 641 fois dans la presse internationale non francophone. Soit nettement plus qu’à l’occasion de l’événement phare de la ville, la Fête des Lumières (279 occurrences dans la presse le 8 décembre 2009).

Ce pouvoir de notoriété est un point de consensus chez les amateurs éclairés de ballon rond… Levez la main, ceux qui n’ont pas enrichi leur culture géographique en écoutant avidement les doctes interventions d’un Thierry Roland ou d’un Eugène Saccomano ! Comment saurions-nous, sinon, que Kazan n’est pas que le patronyme d’un cinéaste ou que Maribor (un classique lyonnais) n’est pas une marque de bonbons ?

Ce soir et dans quinze jours, malheur à l’image du vaincu, serait-on donc tenté de conclure. Que les esprits chagrins se rassurent, et l’adversaire de ce soir en est la preuve, d’autres vecteurs de notoriété internationale existent et sont à choyer. Ballon rond contre ballon de rouge, que le meilleur gagne.