Un pirate à Bruxelles !

Article publié le 14 mars 2011
Article publié le 14 mars 2011
par Samia Stambouli Il a fait sensation lors de son arrivée au Parlement européen en juin 2009. Christian Engström, député suédois membre du parti des pirates, se bat pour faire valoir la liberté des internautes. Portrait. Christian Engström a la décontraction naturelle d’un chef d’entreprise et d’un activiste convaincu.
Assis, jambes en tailleur, sur son fauteuil de député européen, il parle volontiers de son action menée au sein du parti des pirates. Rien à voir avec le Capitaine Crochet, ce parti a pour but de défendre la liberté des internautes. « C’est l’enjeu de ce 21ème siècle, nous ne pouvons pas dénier le fait qu’internet soit LE moyen de communication par excellence de notre époque, comme l’était en son temps, le téléphone ou le télégraphe », indique t-il.

Ce député européen suédois fut donc la bonne surprise de la dernière cuvée parlementaire 2009. Un élu atypique, mais au parcours d’une grande logique avec son combat. Petit retour en arrière. Christian Engström suit des études de mathématiques et d’informatique à Stockholm. Il commence comme développeur dans une petite société, puis gravit les échelons : associé, il devient vice-président en 1987 dans cette même entreprise. Suivront d’autres postes similaires, jusque la création de son propre cabinet de conseil, mais en 2001 il vend tout. Un coup de tête ? Pas vraiment. Son activisme grandissant le pousse à le faire. « Le nouveau millénaire débutait et l’explosion de la bulle internet aussi, je voulais participer à ce grand changement » sourit encore ce quinquagénaire.

Sa victoire en 2005, sur la Commission Européenne, contre une directive relative aux questions de partage de fichiers sur internet, le confortera définitivement dans son choix. « J’ai pris confiance en moi et je me suis lancé ! » explique Engström. Quelques semaines après la fondation du parti des pirates en 2006, c’est donc tout naturellement qu’il rejoint ce mouvement, qui l’emmènera à l’assaut du Parlement européen trois ans plus tard.

Un internet libre et sans licence : une idée qui détonne dans les couloirs du parlement. « C’est sûr que cet engagement n’est pas courant ici, mais tous mes collègues ont eu de la bienveillance à mon égard. J’ai bien été accueilli. Pendant quelques semaines, j’avais même l’impression d’être une rockstar ! », dit-il. Rien que ça. « Une rock star » qui a su se frayer un chemin parmi groupes et députés.

Défendant un thème peu courant, Engström aurait pu se ranger dans le groupe des non-inscrits. Mais il a fait le choix de se placer dans un groupe politique, celui des verts-ALE (Alliance libre Européenne). Un choix stratégique. « Etre dans un groupe nous permet d’avoir de la visibilité. Et pour ce qui est des questions autres que celles d’internet, notre groupe est là pour répondre aux attentes de nos électeurs.» Un pragmatisme politique efficace.

Concernant son travail quotidien en tant que député européen, il se charge lui-même du service après-vente. Commentaires, suggestions, critiques : les internautes s’expriment, échangent et partagent sur son blog, et cela comme il l’aime : en toute liberté.

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