Un jeune, un Allemand ou une femme : qui sera donc le prochain président roumain

Article publié le 1 novembre 2014
Article publié le 1 novembre 2014

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Ce 2 novembre, 18,3 millions de Roumains sont invités aux urnes afin d'élire leur nouveau président parmi 14 candidats. Les sondages semblent montrer que peu d'entre eu une chance d'être élus. Deux femmes, trois candidats issus des minorités et quatre indépendants : une liste hétéroclite qui ne manque pas d'intérêt.

L'une des dernières plaisanteries à la mode en parlant des élections présidentielles en Roumanie est que Klaus Iohannis, deuxième dans les sondages, frappe couramment dans trois langues.

Ce maire aux quatre mandats de Sibiu, ville de 147.000 habitants en Transylvanie et capitale européenne de la Culture en 2007, est différent des hommes politiques à la langue bien pendue auxquels sont habitués les électeurs roumains et son style fait souvent l'objet d'ironie.

Lors des premières élections démocratiques en mai 1990 après l'effondrement du régime communiste, il y avait seulement trois prétendants à la plus haute fonction de l'État. Deux ans plus tard, les Roumains ont été rappelés aux urnes pour faire leur choix parmi six candidats.

En 1996, seize candidats se présentaient aux urnes, alors que lors des trois dernières élections, le nombre de candidats s'élevait à douze.

Selon les résultats du second tour des élections le 16 novembre, le président pourrait être le plus jeune que la Roumanie ait connu ou le premier à être issu d'une minorité ethnique.

Victor Ponta, 42 ans, premier ministre de centre-gauche, est entré dans la course en tant que candidat de la coalition entre le plus grand parti roumain, le Parti social-démocrate, et deux petites formations. Il a suscité la colère des électeurs en août quand il a dit qu'il regarderait les débats du premier tour « en buvant et mangeant du popcorn ». Plus tard, il a dit qu'il regrettait cette mauvaise blague. Selon les derniers sondages, il détient toujours la place de favori.

Comme il le dit dans sa campagne, il veut être « un président qui réunit », « fier d'être Roumain » et fait appel au patriotisme de ses concitoyens.

Candidat de la coalition des deux grands partis de l'opposition, le parti national libéral et le parti démocrate libéral, Klaus Iohannis veut « une Roumanie irréprochable » où règnent la loi plutôt que le vol et des « actions plutôt que des paroles ». Il utilise l'image positive de l'Allemagne, dont le peuple est économe et travailleur. La porte-parole du parti social-démocratique a déclaré que c'était un « défaut » que Iohannis n'ait pas d'enfant et qu'il avait préféré investir dans l'immobilier à la place.

L'affaire a été portée au Conseil national contre la discrimination qui rendra son jugement plus tard.

Il a aussi fait les gros titres avec ses propriétés immobilières à Sibiu, sa ville natale. Ses opposants remettent en question la façon, dont lui et sa femme ont acquis ces biens.

Ancienne ministre du Tourisme, Elena Udrea est soutenue par le président sortant Traian Băsescu et représente le parti Mouvement populaire. En tant que jeune femme ambitieuse, elle utilise son image pour récolter des votes, comme le montre le slogan de sa campagne « Belle Roumanie ». Elle a suscité des débats quand a commencé à circuler une photo la montrant en train de réajuster son soutien-gorge en parlant à un homme. « Je comprends qu'après la mésaventure des hauts talons, il fallait qu'on en arrive au soutien-gorge. Une raison de plus pour ne pas élire une femme à la présidentielle ! » a-t-elle écrit ironiquement sur son compte Facebook. L'autre candidate féminine, ancienne ministre de la Justice et membre du Parlement européen pour un deuxième mandat, Monica Macovei assume son rôle de candidate indépendante qui se bat contre les partis politiques et « vaut mieux qu'eux ». Connue pour son combat contre la corruption quand elle était ministre, elle veut que la Roumanie continue à se rapprocher de l'Occident.

Le président du Sénat Călin Popescu Tăriceanu promet dans son slogan « le bien-être et le respect » ce qui rappelle la période de prospérité économique lors de son mandat de premier ministre de 2004 à 2008.

La plus grande minorité du pays, les Magyars, ne représente que 6,5 % de la population, mais ils ont deux candidats avec chacun leur propre approche.

Le président de l'Union démocrate magyare de Roumanie, ancien vice premier ministre et ministre de la Culture du gouvernement en place, Kelemen Hunor pense que la Roumanie est prête à élire un président issu d'une minorité. Il fait campagne pour le respect entre tous les citoyens du pays.

Szilágyi Zsolt, candidat du Parti populaire hongrois de Transylvanie, propose la « transylvanisation » de la Roumanie en promouvant la tolérance, la diversité et l'efficacité. Il a lancé l'idée d'un état fédéral.

Les hommes politiques nationalistes et anciens collègues, Corneliu Vadim Tudor et Gheorghe Funar sont maintenant rivaux dans la campagne présidentielle. Corneliu Vadim représente le Parti de la Grande Roumanie pour la cinquième fois comme candidat à la présidentielle et affirme que la Roumanie est « dans un état catastrophique », alors que Gheorghe Funar est un candidat indépendant veut mettre fin à « la dictature des partis politiques contre la nation roumaine ».

Le directeur des services secrets a rejoint la course à la présidentielle au dernier moment. Teodor Meleşcanu se présente aussi comme indépendant et veut être le président compétent, dont la Roumanie a besoin.

Les autres candidats sont le propriétaire de chaînes de télévision Dan Diaconescu (Parti populaire - Dan Diaconescu), l'écologiste William Brânză (Parti écologiste roumain) qui invite les électeurs à « rompre avec le gang » des leaders actuels, Constantin Rotaru (Parti de l'Alliance socialiste) et Mirel Mircea Amariţei (Prodemo).

(Photos : 1 - Présidence roumaine, 2, 3, 4, 5 - page Facebook des candidats)