Un gouvernement avant la fin de l’année 2011 ?

Article publié le 31 août 2011
Article publié le 31 août 2011
Par Elisabeth Lance Le 23 juillet2011, les huit partis ont finalement accepté d’entamer les négociations. Cette acceptation ne s’est pas faite sans mal, puisque la décision finale dépendait du CD&V, qui restait accroché au non de la NVA. C’est finalement sans le parti de Bart de Wever que les discussions vont commencer alors même que ce parti est arrivé premier aux élections en Flandre.
Le CD&V a choisi la conciliation plutôt que le blocage sans condition de la NVA.

Jusqu’où iront les concessions ?

En réalité, les négociations ne porteront pas immédiatement sur la note d’Elio di Rupo mais autour des neufs thèmes évoqués dans la note de Wouter Beke , condition sine qua none à la participation du CD&V à la table des discussions .Autant dire qu’elles s’annoncent difficiles au vu de la sensibilité des thèmes abordés : le droit de vote dans les communes à facilités, l’emploi des langues dans les communes à facilités, la nomination des bourgmestres des communes à facilités, l’emploi des langues dans l’administration bruxelloise, l’autonomie constitutive de Bruxelles et de la région germanophone, la communauté métropolitaine, le régime du ring de Bruxelles et le financement additionnel de Bruxelles. Après plus d’un an de négociation, les partis sont-ils prêt à faire des compromis voire de réelles concessions ? Les néerlandophones accepteront-ils les contreparties francophones à la scission de BHV tel que l’élargissement de Bruxelles? Jusqu’où les francophones sont-ils prêts à aller sur le dossier BHV et les facilités linguistiques en périphérie flamande ?

La situation économique du pays ne doit pas être écartée des discussions

Or, la réussite des négociations sur ces neufs points conditionnent les négociations futures sur la note du formateur et par la suite, la formation du gouvernement. Mais surtout, au-delà des querelles politiques et linguistiques, c’est l’aspect économique qui sera au cœur des prochaines discussions. Alors que l’Union européenne est touchée par la crise, que la dette publique belge frôle les 100% du PIB, avoir un gouvernement en affaires courantes ne permet pas de prendre les mesures d’austérités significatives ; d’autant que plus la Belgique attend, plus les mesures qui seront prises devront être radicales. D’ailleurs, le premier ministre en affaires courantes, Yves Leterme l’a bien compris et a prévenu que si les négociations duraient encore, son gouvernement se chargera de la préparation du budget 2012, avec supervision du formateur ; ce budget devrait être adopté avant la fin de l’année par la chambre.

Les négociations s’annoncent longues et difficiles, mais la Belgique ne peut pas se permettre d’attendre une année sous peine de plonger encore plus durablement dans une crise économique et politique, dont la fin s’éloignerait de plus en plus.

Photo : Flickr/Gilderic.