Un espoir prudent pour la Sclérose en plaques!

Article publié le 31 mars 2011
Publié par la communauté
Article publié le 31 mars 2011
Par Marie Verwilghen Fin 2009, le docteur Zamboni découvre que de nombreux patients atteints par la sclérose en plaques (SeP) présentent des sténoses au niveau du cou. En augmentant le calibre des veines atteintes, il obtient des résultats qui améliorent considérablement les conditions de vie de certains patients.
Cette découverte ravive des espoirs éteins pour beaucoup de patients, et insuffle un enthousiasme clair dans le monde médical. Il est, malgré tout, nécessaire de rester prudent car la découverte suscite encore la controverse dans le monde médical.

La SeP, en Belgique, c'est la deuxième maladie neurologique en raison de son coût socio-économique. Derrière les tumeurs cérébrales mais devant Alzheimer et les accidents vasculaires cérébraux, la SeP commence tôt et touche des personnes actives professionnellement. Les traitements reconnus actuellement pour la SeP ne soignent pas la maladie, ils traitent les symptômes.

La découverte de Zamboni suscite l'enthousiasme car elle trouve une possible cause de la maladie. De neurologique, la maladie deviendrait cardio-vasculaire avec des symptômes neurologiques. En connaissant l'une des causes de la maladie, des soins peuvent être réellement pensés en terme de guérison.

Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs! La découverte est aujourd'hui étudiée dans le monde entier et bientôt en Belgique! Des études cliniques réalisées jusqu'alors ne vont pas toutes dans le sens de Zamboni, et la vérité se trouvera dans le croisement des différentes études, nous explique le Professeur Vokaert, chef du service de neurologie immunologique de l'hôpital Erasme.

Aujourd'hui, certaines cliniques privées exploitent cette découverte à des fins commerciales. En effet, le recalibrage veineux (angioplastie) est une pratique très peu risquée. Ces cliniques privées du monde entier vendent ce traitement pour des sommes déraisonnables. Le Professeur Vokaert et le Professeur Lubicz, qui dirigeront l'étude belge, clament la prudence.

Les espoirs suscités par la découverte, mais amplifiés par les nombreux témoignages présents sur la toile, encouragent un tourisme médical important. Mathieu Vokaer et Boris Lubicz insistent sur le fait qu'à ce stade de l'étude, le recalibrage veineux de Zamboni doit être offert aux patients, et déplorent la commercialisation de la pratique faite dans des cliniques privées du monde entier. Et ne vous méprenez pas, lorsque nous parlons du monde entier, il s'agit également de notre vieille Europe.

La raison ? Aucune directive européenne n'est contraignante dans ce domaine. L'Union Européenne a, en 2001, redigé une directive contraignante pour protéger le patient dans le cadre d'études cliniques, mais le Parlement la reconnait inefficace sur le terrain et prévoit de la reformuler en vue d'une meilleure efficacité durant l'année 2012.

L'espoir inespéré qu'apporte la découverte de Zamboni doit être recontextualisé. Bien que certaines cliniques privées la propulse déjà au statut de traitement, il n'est pas encore un traitement reconnu par le corps médical. De plus, tous les patients atteints par la SeP ne présentent pas de sténoses au niveau du cou. Cette découverte ne peut donc pas se généraliser car elle n'est pas applicable aux patients qui ne présentent pas ce problème de retour veineux.

L'enthousiasme du corps médical s'est vu rapidement modéré par le tourisme médical que suscite cette découverte. Le docteur Lubicz s'étonne quotidiennement de voir des patients réclamer une angioplastie sans demande du neurologue!

L'heure est donc à l'espoir, mais également à la prudence.

++ Pour approfondir :++

L'hypothèse d'une SEP veineuse

Colloque Zamboni

Sclérose en plaques : nouvelle confirmation de l'hypothèse Zamboni

SeP : Les médecins doutent du traitement Zamboni (Ledevoir)