Un dimanche 27 septembre Clermont s'éveille

Article publié le 27 septembre 2009
Publié par la communauté
Article publié le 27 septembre 2009
Si une foule de poètes s'enflamment sur les brumes matinales de leurs villes à la manière d'un Nougaro, à la manière d'un Dutronc, un citoyen Lambda aimerait parfois en ressentir autant à Clermont-Ferrand. Allez hop !
C'est décidé on met le réveil à 10 heures, la nuit a été aussi courte que bavarde et un peu de lyrisme s'impose sur "la saveur merveilleuse du café qui soulève les paupières d'une douce violence etc..." (bobo oblige ?).

C'est parti, je vais aimer ma ville, c'est décidé, même les mégots seront beaux, même la surprise canine trouvera son harmonie entre l'odeur des croissants et le sourire d'une charmante buraliste heureuse de s'être levée à 6 heures le dimanche ( "what else")...

Que faire ? Un petit saut aux puces, allez ce n'est pas loin, une destination rassurante, inutile de se rappeler qu'on est pas un sportif. Ici c'est vrai, c'est différent. On s'insurge en arabe, on négocie comme on peut en sautillant du français au chinois et au détour d'un étale mélangeant casque de la seconde guerre mondiale, une télécommande et, pièce intrigante, un Libé du 29 avril, on se surprendrait à se trouver gentil observateur. Illusion, effet d'esthétique, mais concession s'impose, c'est bon. Quelques peintres du dimanche vendent leurs patchworks au prix d'un Monet et il ne serait pas convenable d'aller plus loin dans le descriptif, le lectorat a compris et il doit tenir jusqu'à la fin de l'article pour laisser un commentaire.

cathédrale Le citoyen Lambda quitte alors cette France pour aller voir en haut, sur la colline, dans le déambulatoire de la cathédrale. Il doit être 11 heures et l'église est pleine, c'est la rentrée de la foi. Un petit quelque chose toutefois est allé bien au delà de la forme. Quand en tournant la tête vers une absidiole un citoyen comme les autres voit une fillette d'une dizaine d'années au regard implorant, le dos droit et le genoux à même le granit sous les ordres d'un papa qui prie de la même manière, que doit il faire ? On se demande...

On se demande où sont passées les lois sur la dignité humaine, on se demande si la République oublie parfois que les bâtiment religieux sont à elle. D'aucuns feraient une exception en allumant un cierge, pensant à ce que c'est de vivre dans le milieu qui amène à attendre deux heures à genoux toutes les semaines, au moins. D'autres s'en iraient en se disant qu'il serait peut être temps que la République s'occupe aussi des intégristes catholiques.

Quittant la place de la Victoire où trône la statue d'un pape guerrier, et ouvrant le journal, on apprend qu' hier Benoît XVI était accueilli à bras ouverts par les autorités civiles et politiques Tchèques pour un discours des plus inquiétant...

« La société actuelle porte encore les blessures causées par l'idéologie athée et elle est souvent fascinée par la mentalité moderne d'une consommation hédoniste, avec une dangereuse crise des valeurs humaines et religieuses et la dérive d'un relativisme éthique et culturel déferlant ». Le pape s'était auparavant interrogé sur « le juste usage » que les jeunes générations font de la « liberté humaine » retrouvée, à méditer...

Il est midi et la spiritualité devient très relative, on rentre chez soi en espérant que les autres dimanches seront un peu similaires, un peu différents.

B.Boyer