Un différend entre Cameron et Clegg remet l'immigration sur le devant de la scène

Article publié le 4 novembre 2014
Article publié le 4 novembre 2014

Après l'altercation entre les conservateurs et les libéraux-démocrates au sujet du référendum sur le « Brexit », la question de l'immigration se trouve au coeur des débats politiques au Royaume-Uni. De son côté, l'Allemagne s'oppose fermement aux propositions de Cameron.

Les temps sont durs pour le Royaume-Uni, dont le processus de prise de décision semble dépendre fortement de l'approbation de l'Europe. En effet, l'Europe n'apprécie pas les récentes déclarations de David Cameron, qui souhaite renégocier les politiques migratoires. La chancelière allemande, Angela Merkel, a déjà fait part de son indignation face à cette proposition. « L'Allemagne n'acceptera aucune remise en cause de l'acquis fondamental de la liberté de circulation accordée aux citoyens de l'Union européenne », a-t-elle déclaré.

Malgré cette mise en garde de l'Allemagne,  David Cameron a fait savoir qu'il réaliserait des changements dans l'Union. Le premier ministre britannique a l'intention d'instaurer des quotas pour plafonner le nombre de travailleurs peu qualifiés en provenance de l'Union européenne. Cependant, n'oublions pas que sa promesse de réduire l'immigration, faite avant les dernières élections générales, n'a pas été tenue.

Le désordre règne au sein du Parti conservateur

Mais la question de l'immigration continue à se poser, alimentée par des déclarations controversées comme celle du conservateur Michael Fallon, qui a affirmé que certaines régions du Royaume-Uni sont « assiégées » par les immigrants. Par la suite, sans doute sous  la pression d'autres membres du Parti conservateur, M. Fallon a reconnu que sa remarque sur les immigrants était irréfléchie.  À la veille des élections, l'ambiance est tendue au sein d'un parti dans lequel semble régner le désordre.

Les propos du ministre conservateur Nick Boles reflètent ce manque de cohésion apparent : pour lui, le Royaume-Uni ne peut pas contenir l'immigration. « L'Angleterre ne peut contrôler l'immigration dans le pays, et les électeurs doivent accepter le fait qu'en tant que membre de l'Union européenne, il en sera toujours ainsi », a-t'il affirmé au Huffington Post.

Il est également persuadé que, si le premier ministre a durci sa position sur l'immigration, c'est pour tenter de contenir la poussée du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui, selon une enquête réalisée par l'institut ComRes, connaît une audience plus forte que jamais à l'approche des élections législatives, en partie parce que l'Europe demande au Royaume-Uni une contribution supplémentaire d'1,7 milliards de livres sterling.

Le référendum : pomme de discorde entre les partis au pouvoir

Suite à un différend entre les conservateurs et les libéraux-démocrates, la proposition de loi garantissant la tenue d'un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne a été bloquée. Chacun de ces partis rejette sur l'autre la responsabilité de cet échec.

Les conservateurs accusent Nick Clegg de rendre impossible la mise en place de cette loi en conditionnant son soutien à la somme irréaliste d'un milliard de livres. Les libéraux-démocrates, quant à eux, réfutent ces allégations, et accusent les conservateurs d'empêcher la concrétisation de leur propre loi dans l'espoir de gagner le soutien des eurosceptiques et ainsi reprendre l'avantage face à l'UKIP.