Un corps de volontaires européens

Article publié le 24 avril 2011
Article publié le 24 avril 2011
par Alice Préat Mardi 3 mai verra la clôture de la consultation publique à propos d’une innovation controversée du Traité de Lisbonne : le Corps Volontaire Européen d’Aide Humanitaire. La Bulgare Kristalina Georgieva a pris la tête du projet en tant que Commissaire européenne à la Coopération internationale, l’aide humanitaire et la réaction aux crises.

La consultation publique sert avant tout à apporter un fondement à la mise en place de ce Corps Volontaire Européen d’Aide Humanitaire (EVHAC) et sera suivie d’une proposition législative en 2012. La Commission organise jusqu'à la fin de l'année 2011 la première phase pilote, un calendrier symbolique puisque c’est l’année européenne du volontariat.

Alors que l’Europe est déjà le plus grand pourvoyeur d’aide humanitaire dans le monde, pourquoi en rajouter une couche ? Les organisations européennes permettant aux citoyens de se porter volontaires ne manquent pas, mais l’aide humanitaire de l'UE se limite en grande partie au soutien financier. La valeur ajoutée du projet, tel qu’il est décrit dans le Traité de Lisbonne, est l’encadrement et la coordination : « Un maximum d’aide sans la duplication d’aides ». A condition de parvenir à bien coopérer avec les organisations déjà existantes (ONU, Peace Corps, etc.).

Néophytes ou volontaires expérimentés, tout le monde devrait y trouver sa place. Il s’agit également, bien sûr, de répandre la « bonne parole » en représentant l’Union européenne qui cherche toujours à accroître sa visibilité et son champ d’action à l’étranger. Le projet a prévu un système de division des types de volontaires en trois niveaux. Le premier niveau sera accessible à tous ceux désireux de se lancer dans le volontariat. Le troisième, destinés aux experts, sera le seul niveau à recruter des volontaires pour les zones dites « à haut risque », c’est à dire les secours d’urgence suite à une catastrophe ou dans les zones de conflit, par exemple. Pourtant, le projet ne fait pas l'unanimité. Selon ses détracteurs, au-delà des coûts de gestion élevés et des risques de duplication, le projet de Corps Volontaire ne donne pas assez de garanties de sécurité et de formation pour les jeunes envoyés dans des zones à risques.

A suivre en 2012.