Un autre monde est possible, surtout à Noël !

Article publié le 25 décembre 2007
Article publié le 25 décembre 2007

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Aigris du monde entier, unissez-vous ! Combattez l’esprit de Noël ! Luttons contre le consumérisme à toute épreuve. Quelques conseils pour passer un Noël plus fraternel.

J’avoue que j’ai bien peu d'économie. Par conséquent, je vais célébrer les fêtes de Noël de la seule façon possible de le faire sans argent, c'est avec énergie, joie, utopie, amour, imagination et couleurs. En définitive, avec une forte envie de changer le monde.

Ne pas confondre valeur et prix

Voilà le plus important à ce jour. Le cadeau de Noël est devenu une obligation sociale. A-t-il encore du sens ? Mais les cadeaux représentent en fait un bon test d'estime de soi : nous offrons des cadeaux pour que les gens nous aiment et plus le cadeau est cher, plus ils nous aiment. Erreur grossière. (Que ces lignes ne découragent pas mes amis et parents s’ils veulent m’offrir des cadeaux un tantinet onéreux ! ). Acheter ou ne pas acheter, telle n’est pas la question, il existe quantité de possibilités pour rendre hommage et montrer notre affection à nos proches : résistons à la tentation de tout acheter avec de l’argent, soyons créatifs !

De l’imagination, un caractère quelque peu subversif et des paquets cadeaux amusants font des cadeaux bon marché de vraies réussites. On peut y ajouter une carte, une poésie, un dessin à la Picasso... L’important n’est pas seulement que le cadeau plaise, mais également que l’on prenne du plaisir au moment de le choisir et de l'offrir !

Famille, au secours!

Afin d’éviter des dommages collatéraux, fruits d'une soudaine 'surdose' familiale, mieux vaut être prévoyant et savoir s’isoler face aux commentaires et conversations inopportunes. Afin de ne pas subir un harcèlement de type 'Bridget Jones' pendant le repas de Noël, je propose, pour les célibataires comme moi, une double stratégie.

Tout d’abord, bien remplir les assiettes, tout particulièrement les desserts. Contre les gorges sèches, mettre sur la table assez de bouteilles pour enivrer dix étudiants 'erasmus' pendant une party de fin d’année. C’est-à-dire beaucoup de bouteilles. Et ensuite, pour éloigner les commentaires angoissés du type « on va voir si tu nous ramènes un fiancé l’an prochain ! », rien de mieux qu’un CD avec des chants de Noël et quelques danses de salon. N’oublions pas, comme on dit, que « la musique adoucit les moeurs ».

No héros à Noël

Les instituts d’études statistiques annoncent déjà que le panier moyen d’achat augmentera de 30 % cette année par rapport à l’année dernière. Ce qui signifie, pour une partisane du 'slow food' comme moi, que je devrai manger encore plus lentement afin de savourer les rares mets que je pourrai me permettre d’acheter. Peu importe, l’argent que nous aurons dépensé en nourriture à Noël, nous ne le mettrons pas dans des régimes 'post fêtes'. Soyons positives ! Je crois aux vertus du minimalisme gastronomique : moins (de nourriture), c’est plus (de plaisir). Les dîners ne seront pas copieux, ce qui nous permettra d’être gaies avec seulement deux verres de vin. Conclusion : nous économiserons sur le budget picole.

Comme pour les cadeaux, l’important n’est pas ce qu’il y a dans l’assiette. Le principal ingrédient des dîners et réunions familiales, nous le possédons en nous, il s’agit bien entendu de la bonne humeur. Et si nous avons envie d’aller dîner, nous ne nous sacrifierons pas inutilement, nous apprendrons à dire « non ». Mieux vaut encore être absent que présent mais ennuyeux. Pas besoin d’un héros pendant les fêtes de Noël, mais plutôt d’une bonne entente générale.

Solidarité et subtile vengeance

Cela m’attendrit de voir comment ces personnes – qui ont plus pour habitude d’aboyer que de parler aux gens – se sentent obligées à sourire et à être aimables en cette période de fêtes. Moi, en cette période, j'ai souvent des attaques solidaires. Tous les 5 janvier, jour où les Rois Mages apportent traditionnellement les cadeaux aux jeunes enfants en Espagne, nous nous réunissons avec tous mes amis pour une grande fête chez moi afin de célébrer la fin des fêtes de Noël. En 2005, afin d’aider les victimes du tsunami, nous avons collecté des fonds pour une ONG et, depuis, c’est devenu une sorte de tradition. Nous fêtons Noël, mais nous ne nous sentons pas indifférents à la douleur de millions de personnes qui sont redevenus des enfants ce jour-là.