Un ancien Premier ministre monténégrin en lice pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies 

Article publié le 8 mars 2016
Article publié le 8 mars 2016

Attention cet article n'est paru dans aucun groupe du magazine et n'a donc fait l'objet d'aucune relecture.

Le 15 janvier dernier, le Monténégro officialisait la candidature d’Igor Luksić au poste de Secrétaire général des Nations Unies, fonction suprême pour laquelle il sera en compétition aux côtés de cinq autres candidats, soutenus à l'identique par leurs gouvernements respectifs. 

Avant sa nomination en 2012 comme Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration européenne (occupant, en outre, la fonction de Vice-Premier ministre), Luksić a été successivement membre du Parlement, puis Ministre des Finances de 2004 à 2010, date à laquelle il a accédé au poste de Premier ministre pendant deux ans.

Diplômé de la Faculté d’économie de l’Université du Monténégro, il y a obtenu sa maîtrise ainsi qu’un doctorat sur la thématique des économies en transition.

Il débute sa carrière en tant en qu’associé au sein du MAE au cours de la mise en œuvre du programme d’assistance de la Commission européenne (1998-2000), avant de se mettre au service du Parti démocratique socialiste (DPS) en qualité de conseiller en relations internationales. On le retrouve de nouveau dès 2001 au MAE comme Secrétaire de l’institution.

Il est particulièrement connu au Monténégro pour avoir été le plus jeune Ministre des Finances du pays. Durant son passage à ce ministère, Luksić a supervisé de nombreuses réformes relatives au secteur financier, aux systèmes fiscal et budgétaire ainsi qu’aux aides d’État et aux procédures encadrant les audits internes.

Il a occupé en parallèle le poste de Gouverneur monténégrin à la Banque mondiale et à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et a en outre mené les négociations d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce.

En tant que Premier ministre, il a tenté de davantage associer la société civile aux travaux du Gouvernement par le biais de l’initiative « Open Government », a promu le développement et la valorisation des formations professionnelles à destination des diplômés de l’enseignement supérieur ; il a initié le lancement d’un portail destiné à la collecte de pétitions en ligne et a, pour finir, été l’instigateur de nombreux accords régulant les relations entre État et communautés religieuses.

Enfin, depuis qu’il occupe la tête du Ministère des Affaires européennes et de l’Intégration européenne, le Monténégro a pu entamer les discussions sur quelques vingt chapitres dans le cadre des négociations d’adhésion à l’UE. Similairement, Luksić a joué un rôle important dans les négociations d’adhésion du pays à l’OTAN. 

Il est fortement enclin à la coopération régionale économique et a à cet égard lancé le mécanisme « Western Balkans Six », initiative supportée par la Commission européenne. Il est également professeur associé d’économie et il parle couramment anglais, italien, français ainsi qu’allemand.

Igor Luksić a d’ores et déjà fait savoir qu’il démissionnerait de son poste d’ici la fin du mois, dans l’optique évidente de pouvoir se consacrer pleinement à sa candidature. Son équipe sera dirigée par Milorad Scepanovic, Représentant permanent du Monténégro auprès des Nations Unies.

Selon l’actuel Premier ministre monténégrin, Milo Djukanovic, les principales raisons ayant motivé sa nomination en qualité de candidat ont été, assurément, son expérience dans le secteur public, mais encore ses talents de diplomate et ses capacités de management. Djukanovic a ajouté que le Monténégro avait opté pour un tel choix non sans avoir au préalable consulté « d’influents membres des Nations Unies ».

Le succès de la candidature du « Docteur » Luksić dépend désormais du Conseil de Sécurité, qui désigne les candidats devant être par la suite soumis à l’approbation de l’Assemblée générale. Il est à noter par ailleurs que le Monténégro vient de formellement débuter les pourparlers avec l’OTAN en vue de son adhésion prochaine à l’organisation.  

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