Ulysse, un trio bruxellois qui monte

Article publié le 20 juillet 2016
Article publié le 20 juillet 2016

Depuis sa victoire au Tremplin Dour en 2014, Ulysse multiplie les concerts et a sorti son 2e EP « Cashmere Guns ». Deux ans après, ce trio bruxellois revient à Dour pour son odyssée 2016.

14 juillet, 14 heures à Dour. Ulysse a la lourde tâche d’ouvrir le bal à la Jupiler Dance Hall. « Les copains sont là ? » lance Arnaud, chanteur/guitariste devant un public d’une dizaine de personnes. Dès les premières notes, le chapiteau commence à se remplir. Au final, pari gagné : Ulysse a réussi à faire danser le public à cette heure matinale (pour Dour). Place à l’interview d’après-concert.

Présentez-vous pour ceux qui ne vous connaissent pas encore...

Julien : Notre groupe s’appelle Ulysse et on est trois garçons de 25 ans qui habite à Bruxelles. On fait de la musique électronique, c’est plus un mélange d’influence entre l’électro, le hip hop, le rock et autres. On a commencé il y a deux ans et demi et nous voilà !

Quel est votre quartier préféré à Bruxelles ?

Arnaud : Julien et moi habitons Etterbeek, Ben à Saint-Gilles, à Porte de Halle. On va souvent à Flagey, il y a un peu de tout : cafés, restos, plein de Pokémons à attraper…

Ben : Sinon, Saint-Gilles, c’est cliché, mais c’est le gros kif évidemment.

Arnaud : Tout le centre aussi : de la rue du midi à rue Antoine Dansaert.

Julien : Le piétonnier : Yvan Mayeur représente ! On essaie d’amener les forces créatives à Etterbeek, autour de La Chasse, c’est chouette aussi, même si c’est un peu moins animé.

Que représente Bruxelles pour vous ?

J : C’est notre deuxième maison avec Ben, car on vient de Liège.

: En fait, c’est un peu la maison, on connait vraiment bien Bruxelles.

J : On vit dans une baraque avec Arnaud, on a un studio dans la cave où on va répéter tout le temps. C’est un peu le QG.

A : C’est notre garçonnière. (rires)

J : Je trouve que c’est une capitale très agréable à vivre, de par sa taille plus réduite par rapport à Paris. La qualité de vie est bonne, les loyers ne sont pas encore trop chers et sortir est encore très abordable. Ça bouge beaucoup : au niveau culturel, il y a beaucoup de salles de concert.

L’Europe, c’est quoi ?

B : C’est flou.

A : C’est très dur comme question. On n’est pas assez informé sur ce que fait et représente l’Europe, sur ce que ça représente d’être Européen, c’est dommage. Je ne sais pas si on en parle beaucoup à l’école primaire et secondaire, mais je trouve qu’on devrait. On a un certain sentiment européen, mais il y a des choses qu’on apprend plus tard, du genre : « Ah oui, l’Europe fait ça », « on fait ça parce que l’Europe dit que ». C’est compliqué de trouver les infos. Nous ne sommes pas non plus le genre de gars à aller se renseigner à fond là-dessus, et c’est dommage.

B : Je vois ça surtout comme une facilité de voyager, et les prix ne sont pas trop élevés pour aller dans les autres pays d’Europe.

J : Il y a eu le Brexit, et on se demande d’un coup : « qu’est-ce que cela implique ? ». On disait « ça craint, ils quittent l’Europe, mais concrètement, qu’est-ce que ça signifie ? » « Faut-il un visa pour aller à Londres ? »

Vous avez gagné le Prix Tremplin Dour en 2014. Comment avez-vous évolué depuis ?

A : On était encore au vraiment tout début, ça faisait quelques mois qu’on existait. À dour, c’était notre 6e concert et d’un coup, on était sur une scène pro. On apprenait tout doucement ce qu’étaient « les retours » …

B : Tu n’as plus droit aux erreurs de débutants que tu faisais dans les cafés.

A : Ca nous a poussé à nous professionnaliser. C’est con, mais on s’est renseigné sur l’industrie de la musique, il y a pleins de trucs qu’on a appris sur le tas. Ils nous ont poussé sur la scène et depuis on n’a fait qu’apprendre.

B : C’est comme si on te jetait dans l’eau alors que tu ne sais pas nager et que tu n’as pas de bouée.

J : De manière générale, on a beaucoup fonctionné comme ça, que ce soient pour les clips ou les compositions. Parfois, on prend notre temps pour certaines choses et puis « boum boum » on fonce. Et puis à chaque fois on tombe sur des merdes et on est là « bon allez ok », c’est comme ça qu’on a avancé.