Ukraine : le MacGyver des transports publics 

Article publié le 7 septembre 2016
Article publié le 7 septembre 2016

En 2013, un designer graphique a lui-même élaboré un plan du réseau de tramway de sa ville natale de Dnipro. Cet été, il a décidé de mettre à jour les horaires d'un train pour enfants, de confectionner des tickets collectors et d'en payer lui-même l'impression. De quoi attaquer la rentrée sur des rails. Rencontre.

« Je ne dirais pas qu’il s’agit d’un quelconque projet à portée philosophique », affirme Alexander Zaytsev lorsqu’on lui demande la raison de son engagement dans des projets sociaux. « Je veux juste insuffler du changement et voir le monde changer. Lorsque quelque chose ne fonctionne pas comme il le devrait, cela m’inspire. »

À Dnipro, la ville natale d’Alexander de plus d’un million d’habitants dans le centre de l’Ukraine, celui-ci peut trouver de nombreuses sources d’inspiration. Après avoir travaillé deux ans à Kiev en tant que freelance dans l’informatique et designer graphique, il est revenu chez lui il y a deux mois et continue d’exercer cette activité.

Toutefois, avant même son retour, Alexander a commencé à entreprendre de grands changements à Dnipro. Il a lui-même décidé de mettre à jour le plan des transports publics de sa ville. « J’ai créé une carte du réseau de tramway à Dnipro. Auparavant, personne ne comprenait comment les lignes fonctionnaient ni même où les arrêts étaient situés. » Suite à quelques problèmes d’impression des cartes et de récolte des fonds pour leur distribution, Alexander a réussi à mener à bien son projet.

« Façonner l'avenir »

Ce n’était pas la première fois qu’Alexander travaillait gratuitement. « Avant cela, je faisais partie d’un collectif à Kiev : The Agents of Change. Nous souhaitions mettre à jour le plan du métro de la ville. Nous avons récolté, auprès de donneurs et de différents organismes, les fonds nécessaires à l’impression des plans en question. »

Cet été, Alexander, qui a une petite fille, a mené à bien un projet social destiné aux enfants de Dnipro. « Il y a un chemin de fer pour enfants dans l’un des parcs de la ville. Il est quasi incontournable. Toutes les personnes de cette ville connaissent ce chemin de fer. J’avais pour habitude de le prendre lorsque j’étais petit. Mais lorsque je suis devenu père à mon tour, je l'ai redécouvert et j'ai réalisé qu'il pouvait être amélioré. » Alexander a élaboré de nouveaux horaires et a conçu des tickets collector. Destinés selon sa volonté à remplacer les traditionnels reçus, ils sont finalement tous les deux distribués pour des raisons formelles. « Je voulais que les enfants puissent repartir avec un ticket en souvenir, comme lorsqu'ils reçoivent une carte postale », explique Alexander. Les frais d'impression des 1 000 premiers tickets ont uniquement été à la charge d'Alexander et de ses amis. Pour le lot suivant, ils ont collecté les fonds nécessaires en seulement six heures après qu'Alexander a publié un appel sur Facebook. 

Alexander remarque que s'impliquer dans des projets sociaux est de plus en plus populaire en Ukraine. L'informatique et la conception sont de plus en plus utilisés pour développer des projets dans le domaine de l'écologie. Des espaces publics tels que des zones piétonnes ou des places de parkings sont par exemple réaménagés.

« Je pense que quelque chose a changé après les manifestations de la place Maïdan. Le changement devient un élément plus marquant dans notre société. De nombreuses personnes, notamment les jeunes, comprennent qu'ils peuvent façonner leur avenir », déclare Alexander. « Le souhait de devenir acteur de la politique est notre motivation ».

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Cet article fait partie de notre dossier The Other Side of Summer qui fait la lumière sur ces jeunes qui ont sacrifié leur été pour aider les autres.