Ukraine : Klitschko monte sur le ring

Article publié le 23 janvier 2014
Article publié le 23 janvier 2014

Après plusieurs journées d'une extrême violence à Kiev, l'opposition ukrainienne a adressé un ultimatum au président. Viktor Ianoukovitch a 24 heures pour faire des concessions aux manifestants, faute de quoi ceux-ci passeront à l'attaque, a déclaré Vitali Klitschko, mercredi soir, place de l'Indépendance. Les commentateurs, redoutant une guerre civile, appellent les deux camps à la modération. 

Gazeta Wyborcza - Pologne : pas vraiment la meilleure idée

Malgré la dégradation de la situation en Ukraine, le quotidien libéral Gazeta Wyborcza discerne encore une lueur d'espoir et lance un appel à l'opposition et au gouvernement : « Le président n'a plus d'autre choix désormais : il doit se tourner vers les leaders de l'opposition pour rechercher la réconciliation nationale. Les deux camps doivent maintenant assumer leurs responsabilités et tout faire pour éviter de nouvelles violences. Il faudrait pour cela que Ianoukovitch proclame la destitution du gouvernement conspué de Mykola Azarov. Mais il devrait aussi avancer la date des élections présidentielles, initialement fixées à l'année prochaine, et renoncer immédiatement à son mandat. Il pourrait aussi s'assurer que lui et sa famille ne soient pas poursuivis pénalement après le changement de pouvoir. En contrepartie, l'opposition doit impérativement renoncer à la violence. Ce serait le meilleur scénario envisageable pour l'Ukraine et ses citoyens. » (Article publié le 23.01.2014) 

De Volkskrant - Pays-Bas : croiser les doigts...et attendre

Ianoukovitch semble résolu à réprimer les manifestations de l'opposition, commente le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : « Pourtant l'Ukraine n'est pas la Russie. L'Ukraine a connu il y a neuf ans une révolution populaire et dispose d'une société civile très active. Malgré sa parenté russe, le pays est trop européen pour se laisser opprimer. Reste à espérer que Ianoukovitch le comprendra et qu'il optera pour le dialogue et le compromis. … Le pire est sinon à craindre : amplification des violences, voire guerre civile. Sur la touche, l'Europe regarde ce qui se passe. … Elle n'a témoigné à l'Ukraine aucun intérêt sérieux ces 20 dernières années, contrairement à l'attention portée à la Turquie, État pourtant périphérique. … Il ne reste donc plus qu'une seule stratégie quant à la structuration du continent européen : croiser les doigts en espérant une fin heureuse. » (Article publié le 23.01.2014) 

Dagens Nyheter - Suède : l'UE doit intervenir

L'Europe doit examiner toutes les possibilités pour tenter d'influer sur le régime ukrainien, réclame le quotidien libéral Dagens Nyheter : « L'UE doit continuer à jouer un rôle. … Les États-Unis ont déjà restreint les visas pour les hauts fonctionnaires ukrainiens et prévoient de nouvelles mesures. L'UE devrait faire de même. … L'Ukraine n'est pas la Russie - ni la Biélorussie - mais un pays entretenant des liens étroits avec l'Europe. Il est possible que la voie du compromis passe en partie par les oligarques, dont l'intérêt réside dans une association accrue entre l'Ukraine et l'Europe. Les dirigeants ukrainiens doivent comprendre que les manifestants ont raison et l'emporteront. … À cette fin, l'UE doit rester un allié fort. » (Article publié le 23.01.2014) 

Hospodářské noviny - République tchèque : prends-en de l'Ukraine !

La situation à Kiev ressemblant à une guerre civile, l'Europe devrait se préparer à un flux croissant d'immigrés ukrainiens, estime le journal économique Hospodářské noviny : « L'actuelle émigration économique des Ukrainiens vers l'Ouest pourrait n'être qu'un avant-goût de ce qui va suivre. Si le régime du président Viktor Ianoukovitch continue de serrer la vis, l'Ukraine pourrait fort bien devenir une 'zone interdite' pour des millions de personnes, de par leur appartenance politique. En République tchèque, les populistes font déjà leurs choux gras de la crise ukrainienne, pour masquer leur propre incapacité à relancer l'économie. L'Allemagne et la Grande-Bretagne redoutent l'afflux de Bulgares et de Roumains, même si ceux-ci n'y vont pas pour profiter des systèmes sociaux. Si la situation devait exploser en Ukraine, Bruxelles en porterait une part de responsabilité, puisqu'elle a contribué à ce que Ianoukovitch se tourne vers Moscou à l'automne dernier. L'UE a longtemps été incapable de se mettre d'accord sur les modalités d'un rapprochement de l'Ukraine. Dorénavant, les Ukrainiens viendront de leur propre initiative. » (Article publié le 23.01.2014)

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